Avant-proposLa consommation totale de viande, dufs et de lait des pays en développement a augmenté denviron 50% du début des années 70 au début des années 90. Avec laccroissement des revenus et lextension des villes, les populations de ces pays diversifient leur alimentation en y incluant une variété de viandes, dufs et de produits laitiers. Cette tendance caractérisée par la diversification des habitudes alimentaires devrait se poursuivre encore un certain temps et ses risques et ses opportunités soulèvent une vive controverse. Certains observateurs craignent quune forte augmentation de la demande de céréales utilisées comme aliments du bétail ne provoque une flambée des prix des céréales qui les rendrait trop chères pour les pauvres. Dautres redoutent quune forte concentration danimaux délevage près des villes naggrave la pollution. Dautres enfin craignent les effets dune consommation accrue de graisses animales sur la santé publique ainsi que laccroissement rapide de lincidence des maladies capables de passer des animaux à lhomme. Dun autre côté, de nombreux analystes font remarquer les avantages nutritionnels de la consommation accrue de produits dorigine animale pour des populations dont lalimentation est encore largement déficitaire en protéines et en oligo-éléments. Qui plus est, lélevage a traditionnellement été une importante source de revenus pour les pauvres des zones rurales dans les pays en développement. Enfin, un accroissement de la demande de produits dorigine animale pourrait servir de moteur à lintensification durable des systèmes de la petite production alimentaire destinée aux populations humaine et animale. Le présent rapport est le fruit du travail dune équipe de chercheurs de lInstitut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), de lOrganisation des Nations Unies pour lalimentation et lagriculture (FAO) et de lInstitut international de recherche sur lélevage (ILRI). Il présente une analyse exhaustive et impartiale destinée à définir la nature, létendue, la portée et les implications de ce que les auteurs ont appelé la Révolution dans le secteur de lélevage dans les pays en développement. Les yeux fixés sur lhorizon 2020, les auteurs soutiennent, preuves à lappui, que les changements structurels de lagriculture mondiale nés de lévolution de la demande des produits alimentaires dorigine animale dans les pays en développement se poursuivront et que les marchés mondiaux sont de mieux en mieux armés pour satisfaire la demande de céréales et de produits animaux sans que cela engendre des hausses de prix inutiles. Ils soulignent cependant que ce sont les décisions de politique relatives au secteur de lélevage dans ces pays qui détermineront si cette révolution favorisera ou au contraire pénalisera les pauvres et les malnourris. Le rapport met laccent sur la nécessité dinvestissements soutenus dans la recherche-développement sur lélevage, la production et la transformation de céréales destinées à lalimentation du bétail et la nécessité de mesures destinées à promouvoir lintégration des petits éleveurs sans ressource dans la commercialisation et la transformation des produits dorigine animale. Il examine en détail toute une série de conditions requises dans le domaine de la mise au point de technologies de production et de transformation des produits de lélevage, les avantages potentiels des nouvelles technologies ainsi que les questions de politiques cruciales pour la protection de lenvironnement et de la santé publique. Per Pinstrup-Andersen Abdoulaye Sawadogo Hank Fitzhugh IFPRI holds the copyright to its publications and web pages but encourages duplication of these materials for noncommercial purposes. Proper citation is required. |
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