Resume IFPRI: Rapport de recherche no 102
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Rapport de recherche no 102
(traduit de l'Anglais)

Richard H. Adams, Jr. et Jane J. He
Juin 1995
list of abstracts

Sources d'inegalite entre Les revenus et la pauvrete dans les zones rurales du Pakistan

Pourquoi certaines personnes reçoivent-elles des revenus supérieurs à ceux des autres qui pourtant disposent de talents et d'aptitudes similaires? Et pourquoi certaines sources de revenu telles que le revenu tiré du travail agricole et celui provenant de la canne à sucre vont-elles à des personnes différentes? Quelles mesures peuvent être prises pour réduire les écarts considérables qui existent entre les revenus gagnés de sorte que le nombre de personnes vivant en- deçà du seuil de pauvreté puisse être réduit? Quel rôle doivent jouer l'éducation et la migration des membres des ménages pour tirer les populations de la pauvreté et améliorer la distribution du revenu?

Afin de répondre à ces questions, ces dernières années, les chercheurs ont eu recours à diverses techniques pour analyser les sources d'inégalité entre les revenus et de la pauvreté dans les pays en développement. Ces études aident les décideurs à comprendre les causes profondes de l'inégalité entre les revenus et de la pauvreté au sein de leur société. Munis de cette information, les décideurs peuvent prendre des mesures précises visant à améliorer la distribution du revenu et le potentiel qu'ont différentes couches de la population de gagner un revenu.

Dans le rapport de recherche No. 102 intitulé Sources of Income Inequality and Poverty in Rural Pakistan (Sources d'inégalité entre les revenus et pauvreté dans les zones rurales du Pakistan), Richard H. Adams, Jr. et Jane J. He abordent ces questions en analysant des données longitudinales recueillies auprès de 727 ménages de quatre districts ruraux du Pakistan (Faisalabad et Attock dans la province du Punjab, Badin dans la province de Sind et Dir dans la province de la frontière nord-ouest). Si les études précédentes de l'inégalité entre les revenus et de la pauvreté ont souvent été fondées sur une série d'entretiens avec des ménages ou sur des entretiens étalés sur une année, cette série de données est le résultat de 12 séries d'entretiens avec des ménages réalisés sur une période de trois ans, de 1986 à 1989. Des données détaillées ont été collectées sur le revenu, les dépenses, l'éducation, l'emploi, la migration et la propriété foncière. Ensuite, le revenu total a été ventilé en cinq sources de revenu afin d'examiner la contribution de chacune de ces sources à l'inégalité entre les revenus et à la pauvreté.

La question de savoir si un ménage est propriétaire des terres a un effet majeur sur les types de revenu qu'il reçoit. Dans l'ensemble, l'inégalité entre les revenus dans les zones qui ont fait l'objet de cette enquête est modeste. Le coefficient de Gini qui classe l'inégalité sur une échelle allant de zéro à un, un étant le point le plus élevé, indique que la répartition du revenu total par habitant des ménages dans un échantillon de la population est de 0,381, mais la distribution des droits de propriété foncière est beaucoup plus élevée, 0,769. Dans les zones rurales du Pakistan, le manque de terres -- 37 % des ménages de l'enquête ne sont propriétaires d'aucune terre -- contraint les pauvres à tirer l'essentiel de leur revenu des sources qui n'ont rien à voir avec la terre telles que l'emploi non agricole et l'élevage.

Sources De Revenus

Bien que tous les ménages de cette enquête soient des ménages ruraux, il ressort du rapport que le revenu agricole n'est pas la source de revenu la plus importante. L'une des cinq sources de revenu -- revenu agricole, revenu du secteur non agricole, revenu des transferts, revenu de l'élevage et revenu locatif -- le revenu du secteur non agricole est le plus important. Selon l'année, le revenu non agricole -- provenant de la main-d'oeuvre non qualifiée, des employés installés à leur propre compte et des agents de l'État -- représente entre 30 et 34 % du revenu total par habitant des ménages. Le revenu agricole constitue la deuxième source de revenu la plus importante, soit entre 23 et 27 % du revenu total par habitant des ménages.

En outre, le revenu non agricole est la principale source de revenu pour les ménages pauvres. Lorsque les ménages sont classés en fonction du revenu, les ménages pauvres tirent environ 50 % de leur revenu total par habitant des sources non agricoles, soit plus du double du revenu que tirent les ménages défavorisés de toute autre source de revenu et plus de sept fois le revenu tiré de l'agriculture (figure 1). Le revenu de l'élevage constitue la deuxième source de revenu la plus importante pour les pauvres. Selon le rapport, les ménages pauvres tirent environ 25 % de leur revenu total par habitant de l'élevage.

Inegalite Entre Les Revenus

Sur les cinq sources de revenu, le revenu non agricole et l'élevage tendent à diminuer l'inégalité globale entre les revenus. Cependant, des augmentations additionnelles des trois autres sources de revenu -- revenu agricole, revenu tiré des transferts et revenu locatif -- augmentent l'inégalité globale entre les revenus. Le revenu agricole représente la contribution la plus importante à l'inégalité globale entre les revenus et le revenu de l'élevage représente la plus faible contribution. Selon l'année, le revenu agricole représente entre 35 et 45 % de l'inégalité globale entre les revenus, tandis que le revenu tiré de l'élevage représente 1 à 11 % seulement. La terre constitue la principale cause de cette différence. Étant donné que la terre est distribuée de manière si inégale dans les zones qui font l'objet de cette étude et dans les zones rurales du Pakistan dans leur ensemble, les principaux avantages de la propriété foncière -- tels que le revenu des récoles et la location des terres -- vont souvent aux riches. Toutefois, il existe une corrélation entre le revenu tiré de l'élevage et le revenu provenant d'activités non agricoles d'une part et la propriété foncière de l'autre.

Il ressort de ces conclusions que ce sont les ménages propriétaires de terrain, en d'autres termes les riches, qui ont bénéficié essentiellement des retombées directes et immédiates de la croissance agricole au Pakistan. à l'évidence, ces conclusions ne corroborent pas les résultats d'autres études indiquant que des séries additionnelles de croissance agricole peuvent profiter et profitent souvent aux pauvres. Si la croissance agricole future au Pakistan fait augmenter la demande de main-d'oeuvre davantage que la demande de terres, alors la croissance agricole pourrait avoir un impact positif sur la distribution du revenu. Néanmoins, les résultats du présent rapport montrent que les salaires agricoles représentent en moyenne moins de 6 % du revenu agricole total par habitant.

Revenu non agricole

Pour présenter un point de vue plus détaillé des effets des différentes catégories de revenu sur l'inégalité, le rapport ventile et analyse chacune des cinq sources de revenu en 35 sources de revenu différentes.

Le rapport conclue que si le revenu d'activités non agricoles dans l'ensemble entraîne une réduction de l'inégalité entre les revenus, ce ne sont pas toutes les sources de revenu non agricole qui ont un effet favorable sur la distribution du revenu. Sur les trois principales sources de revenu non agricole -- main-d'oeuvre non qualifiée, employés installés à leur propre compte et agents de l'État -- seule la main-d'oeuvre non qualifiée a tendance à diminuer l'inégalité entre les revenus parce que les pauvres en dépendent largement. La fonction publique, source de revenu non agricole qui augmente les inégalités entre revenus, représente une large proportion, 21 à 31 %, des inégalités entre les revenus provenant d'activités non agricoles. C'est parce que les emplois dans la fonction publique exigent souvent des qualifications et seuls les membres des ménages riches peuvent s'offrir cette éducation.

Revenu agricole

Le rapport conclut que les denrées alimentaires telles que le blé et le riz et les cultures de rente telles que la canne à sucre ont des effets différents sur l'inégalité entre les revenus. Le blé et le riz, principales denrées alimentaires au Pakistan, représentent une forte proportion du revenu agricole des pauvres et, par conséquent, ce sont des sources de revenu agricole qui font baisser les inégalités. à l'autre extrême, une culture de rente, la canne à sucre représente entre 33 et 37 % des inégalités entre les revenus agricoles (figure 2). Étant donné que la canne à sucre reste en terre toute l'année, les agriculteurs défavorisés, propriétaires de petits lopins de terre, qui doivent cultiver des denrées alimentaires pour nourrir leur famille, cultivent rarement la canne à sucre. Ceci est regrettable du point de vue de la justice sociale parce que les politiques de fixation des prix arrêtées par les pouvoirs publics ont fait de la canne à sucre une plante très profitable. Dans les zones rurales du Pakistan, la production de la canne à sucre est dominée par les ménages riches qui tirent plus du tiers de leur revenu agricole net de cette seule culture de rente.

Revenu provenant de transferts

L'essentiel du revenu provenant du transfert dans la présente étude vient des envois de fonds, soit par des migrants internes travaillant dans les zones urbaines du Pakistan, soit des émigrés travaillant à l'étranger. Ces deux catégories d'envoi de fonds ont des effets différents sur la distribution du revenu, toutefois. Les envois de fonds provenant de migrants intérieurs revêtent une importance cruciale pour les pauvres qui tirent 75 % de leur revenu total par habitant provenant de transferts des membres de la famille employés dans les villes au Pakistan. Il est plus probable que les ménages nantis pourront avoir les moyens d'envoyer des gens travailler à l'étranger. Par conséquent, les envois de fonds provenant de l'étranger représentent une source de revenu entraînant une augmentation des inégalités et représentent entre 58 et 91 % des inégalités entre les revenus provenant de transferts.

Revenu provenant de l'élevage

Le rapport conclut que différentes catégories d'animaux ont un impact différent sur l'inégalité (figure 3). Le revenu tiré de l'élevage du buffle, qui est un animal coûteux, est concentré entre les mains des ménages à revenu élevé. Les pauvres quant à eux tireront probablement leur revenu d'un seul animal femelle -- une vache locale (catégorie de vaches indigènes qui n'a pas été améliorée par le croisement avec une souche importée). Les pauvres reçoivent environ 60 % de leur revenu par habitant total provenant de l'élevage des vaches locales. Ils préfèrent être propriétaires de vaches et non de taureaux parce qu'ils utilisent les vaches pour préparer la terre et produire du lait et des veaux.

Revenus locatifs

Il ressort du rapport que 80 % environ des revenus locatifs proviennent de la location des terres, soit en nature, soit en espèces. Étant donné que la terre est distribuée de manière si inégale au Pakistan, la plupart des revenus locatifs vont aux riches. Les ménages riches tirent environ 20 % de leur revenu total par habitant des revenus locatifs; les ménages pauvres quant à eux tirent moins de 5 % de leur revenu total de cette source.

Conclusions

Le rapport montre que les revenus des ménages pauvres fluctuent considérablement. Classés en fonction des données relatives au revenu, un tiers seulement des 145 ménages du quintile le plus bas au cours de la première année d'étude se sont trouvés dans ce quintile pendant l'une et l'autre année qui ont suivi. Ceci signifie que pour l'essentiel, la pauvreté identifiée dans la présente étude est temporaire et non de nature chronique. Les ménages ont tendance à sombrer dans la pauvreté et à s'en sortir pour diverses raisons. D'après ce rapport, les variations des actifs physiques (tels que la propriété foncière) et la main- d'oeuvre des ménages (par l'éducation et la migration) représentent environ le quart des variations du revenu des pauvres.

Aussi longtemps qu'on n'aura pas trouvé les moyens de répartir la terre de manière plus égale au Pakistan, le rapport suggère qu'il convient à l'avenir de concevoir des politiques qui reconnaissent que les pauvres dépendent de sources de revenu autres que le secteur agricole telles que les activités non agricoles et l'élevage. Afin que les pauvres profitent davantage des emplois publics non agricoles, le gouvernement doit accroître l'accès des pauvres à l'éducation. Dans le secteur de l'élevage, étant donné que les vaches locales constituent une source de revenu tellement importante pour les pauvres, les décideurs pakistanais doivent mettre en oeuvre des programmes d'amélioration de la productivité des vaches locales au moyen de projets de croisement et de programmes vétérinaires. La ventilation du revenu agricole montre que, à cause des politiques de fixation des prix arrêtés par les pouvoirs publics, une culture de rente, en l'occurrence la canne à sucre, représente l'essentiel des inégalités entre les revenus agricoles. Étant donné que le Pakistan n'a aucun avantage comparatif dans la production de cette culture, les politiques de fixation des prix de la canne à sucre doivent être révisées. Parallèlement, pour améliorer la justice sociale, les décideurs doivent améliorer les techniques de production des principales denrées agricoles telles que le blé et le riz.

Afin d'améliorer les effets distributifs des transferts provenant de l'étranger, les décideurs doivent prendre des mesures pour aider les ménages pauvres à supporter les coûts financiers qu'implique la décision d'envoyer quelqu'un travailler à l'étranger. Parmi les mesures qui pourraient être envisagées, il convient de mentionner la mise en place de centres qui pourraient instruire les demandes de visas, les contrats de travail et des accords de prêts pour de futurs émigrés.

Prière de m'envoyer un exemplaire de Sources of Income Inequality and Poverty in Rural Pakistan par Richard H. Adams, Jr. et Jane J. He.


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