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Rapport de Recherche 109 Avril 1999 Recherche agronomique et croissance de la productivité en Indepar Robert E. Evenson, Carl E. Pray et Mark W. RosegrantBien que la population de l'Inde ait augmenté de 424 millions d'habitants entre 1963 et 1993, les graves crises alimentaires des premières années 1960 ont fait place à des surplus de nourriture dans les années 1990. Et au cours de ces années l'Inde a développé un système de recherche agronomique parmi les plus étendus dans le monde. Près des trois quarts de cet accroissement de la productivité sont à mettre au compte de la recherche et de la vulgarisation agricole. Une grande partie de cette croissance a été le résultat de la nouvelle technologie diffusée à travers toute l'Inde pendant la Révolution verte. Cependant, au cours des récentes années, l'idée selon laquelle les bénéfices de la recherche agronomique étaient en déclin a commencé à voir le jour. Au moment où la libéralisation économique et les contraintes budgétaires sont en tête des préoccupations, les responsables politiques se demandent combien de fonds publics faut-il investir dans la recherche agronomique. La recherche agronomique est-elle toujours aussi bénéfique pour l'Inde? Le secteur privé ne devrait-il pas jouer un rôle plus important dans cette recherche? Le rapport de recherche NE109, Recherche agronomique et croissance de la productivité en Inde par Robert E. Evenson, Carl E. Pray et Mark W. Rosegrant, aborde ces questions en évaluant les effets que l'investissement public et privé dans la recherche agronomique, la vulgarisation et l'irrigation ont eu sur l'indice total de la productivité (ITP), qui est la croissance totale des produits moins la croissance totale des intrants. Dans l'approche de comptabilisation de la croissance adoptée dans ce rapport, les comptes détaillés des intrants et des produits sont réunis en indices d'intrants et de produits qui servent à leur tour à calculer l'ITP.
SOURCES DE LA CROISSANCE DE LA PRODUCTIVITÉ Le financement de la recherche par le secteur privé a aussi triplé. De récentes découvertes en biotechnologie agricole ont aussi eu une influence notable sur la recherche indienne et des fonds de recherche & développement (R&D) sont injectés dans la recherche dans ce domaine. Vers la mi-80, 50 pour cent du financement venait du gouvernement central, 20 pour cent des gouvernements des états, 16 pour cent de compagnies privées et de coopératives et le reste (14 pour cent) de bailleurs de fonds étrangers. Le rapport a trouvé que la productivité agricole avait le plus gagné pendant les premières phases de la Révolution verte (1966-76) et les gains étaient les plus élevés dans les régions productrices de blé et de riz, bien que la productivité ait augmenté dans chaque district en Inde. Pendant la maturité de la Révolution verte (1977-87), la recherche a continué à avoir un impact substantiel sur l'ITP. L'expansion des superficies irriguées, avec l'expansion des puits forés privés, a aussi contribué à l'augmentation de la productivité. La variable pour les variétés modernes à haut rendement (VHR) s'appuie principalement sur l'impact des variétés internationales importées. La part de la croissance due aux VHR semble baisser dans la période de maturité parce que les VHR sont incluses dans la variable des dépenses de la recherche publique à mesure que les agriculteurs passent des variétés dites internationales à celles développées par la recherche indienne. Les VHR et les intrants conventionnels ont contribué à une croissance de la production agricole moyenne annuelle de 2,3 pour cent depuis 1956. La recherche publique, avec l'appui des centres internationaux de recherche en agriculture, et en particulier de l'ICRISAT (Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides), du CIMMYT et de l'IRRI ont amélioré de façon significative la technologie de la recherche sur les cultures, mais le secteur privé a joué un rôle qui s'accroît rapidement (figure 2).
TECHNOLOGIE IMPORTÉE ET RECHERCHE PRIVÉE En Inde, la technologie importée et la recherche privée vont la main dans la main. Par exemple, si un travail de recherche est nécessaire pour adapter une technologie étrangère aux conditions locales, il est probable que la recherche privée vienne combler l'écart. D'habitude le secteur privé se concentre sur la gestion de ces écarts et sur les technologies de transformation. La sélection des plantes est généralement faite par l'ICAR et les universités des états. La politique gouvernementale a généralement soutenu cette tendance. Après l'indépendance, le gouvernement reconnaissait que les importations de technologies étaient nécessaires à ce moment, bien qu'il avait adopté une vigoureuse politique de substitutions. Lors des premières années 1970, il y eut un revirement politique et de nombreuses restrictions étaient imposées sur l'importation de la technologie étrangère et sur l'investissement étranger. La recherche du secteur privé recevait aussi de petites incitations. Enfin, la plupart des restrictions imposées sur les technologies importées étaient levées au début des années 1990. Les données de rendement à elles-seules ne permettent pas de mesurer correctement l'efficience économique parce qu'elles ne tiennent compte que de la terre, et négligent d'autres facteurs tels que le travail, les engrais, la traction animale et les tracteurs. Par exemple, l'utilisation des engrais peut augmenter considérablement les rendements, mais à un certain coût qui est pris en compte lorsqu'on utilise l'ITP pour mesurer l'efficience économique. L'étude examine les données de production recueillies chaque année, entre les années 1956/57 et 1987/88, dans 271 districts de l'Inde situés dans 13 états, et sur cinq cultures vivrières majeures - le mil perlé, le sorgho, le maïs, le riz et le blé - et quatorze cultures moins importantes - l'orge, le coton, l'arachide, le pois-chiche et autres légumineuses, les pommes de terre, le colza, la moutarde, le sésame, la canne à sucre, le tabac, le soja, le jute et le tournesol. Le bétail n'est pas inclus. Les facteurs (intrants) inclus sont la terre irriguée ou non irriguée, la main d'oeuvre, les animaux de trait, les tracteurs (facteur de substitution pour l'ensemble des machines), les engrais chimiques (facteur de substitution pour tous les produits chimiques) et le capital d'irrigation. Plusieurs méthodes sont utilisées pour atténuer l'effet des années de mauvais temps. Les observations contenues dans ce rapport indiquent que les VHR de blé, de riz et d'autres cultures introduites depuis la fin des années 1960 ont beaucoup contribué aux augmentations de l'ITP mais ne constituent pas l'unique raison de ces augmentations. Avant la Révolution verte, les services de vulgarisation étaient la source la plus importante de croissance de l'agriculture indienne. Un service de vulgarisation vigoureux émergeait dans les années 1950 et se développait avec l'adoption du programme de développement communautaire. En 1977, avec l'aide de la Banque mondiale, l'Inde adoptait le modèle de vulgarisation de formation et visites. En 1997, plus de 95.000 agents de vulgarisation dans les villages participaient à cet effort. Comme le réseau de vulgarisation était en place, les agriculteurs indiens adoptaient directement les nouvelles variétés apportées par la Révolution verte, fournies à l'origine à l'Inde par les centres internationaux de recherche en agriculture. La recherche et la vulgarisation du secteur public indien se chargeait alors de développer des variétés locales améliorées, dont le rendement de l'investissement reste élevé. L'infrastructure est un autre élément important de la croissance de la productivité. Sans infrastructure, les agriculteurs des zones éloignées pourraient ne pas pouvoir accéder à des intrants tels que les engrais, l'eau et l'électricité. L'infrastructure comprend les systèmes d'irrigation du gouvernement, l'électrification des campagnes, les routes et les chemins de fer et enfin les marchés réglementés. En 1951, 3.000 villages seulement avaient l'électricité; en 1989, 454.000 villages (78 pour cent) étaient électrifiés.
LA SÉLECTION DES PLANTES EN INDE Des variétés semi-naines de blé ont été introduite en Inde par le CIMMYT. Les chercheurs indiens les ont testées pour voir si elles convenaient aux conditions de culture et aux goûts indiens. La plupart des hybrides ont été développés à partir de croisements entre des souches indigènes et étrangères. Là où on avait de l'eau et des engrais, les rendements du blé ont augmenté de 3,6 pour cent par hectare, chaque année entre 1966 et 1987. Comme dans le cas du blé, des variétés semi-naines de riz ont été introduites au début des années 1960 et croisées plus tard avec des variétés indiennes. Pour les céréales plus traditionnelles - le maïs, le sorgho et le mil perlé - les résultats ont été quelque peu différents. Le CIMMYT a fourni le plasma germinatif pour produire des variétés de maïs à pollinisation ouverte qui ont eu quelque succès mais qu'on ne peut considérer comme une découverte majeure. Vingt cinq firmes privées travaillent maintenant sur ce problème et ont finalement développé des variétés hybrides de maïs de meilleure qualité. L'ICRISAT a amélioré les hybrides de mil perlé. De même, dans le développement des variétés hybrides de sorgho, le secteur privé a eu plus de succès que les institutions publiques de recherche ou l'ICAR. Cependant, les programmes de sélections privés dépendent encore fortement du secteur public indien et de l'ICRISAT pour leur plasma germinatif.
IMPLICATIONS POLITIQUES A mesure que la recherche indienne met plus l'accent sur la biotechnologie, le secteur privé et les fournisseurs étrangers de technologie assument un rôle plus important dans la recherche que par le passé. Les responsables politiques devraient encourager ce type d'investissement en agriculture et supprimer les dernières barrières au transfert de la technologie.
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