Le Vietnam réévalue son marché du riz grâce au projet de l'IFPRI Au Vietnam, où la production rizicole représente 50% du produit national agricole brut, les chercheurs de l'IFPRI ont appuyé l'Etat dans le remaniement des politiques ayant trait à la production et à l'exportation de riz. Du 15 au 17 octobre 1996, plus de 100 représentants officiels des pouvoirs publics, de la société alimentaire nationale, exploitants agricoles, minotiers et négociants du secteur privé, négociants internationaux et collaborateurs d'organismes internationaux et bilatéraux se sont réunis pour débattre des conclusions de l'IFPRI. Cette conférence, intitulée "L'Evolution des marchés du riz au Vietnam : structures actuelles et gageures futures" constituait l'aboutissement du projet biennal de l'IFPRI, appuyé par la Banque Asiatique de Développement. Les recherches de l'IFPRI ont permis de cerner cinq conclusions essentielles, débattues par les participants de la conférence. En premier lieu, la croissance future de la production rizicole au Vietnam sera tributaire de celle des exportations. La demande intérieure, d'ores et déjà élevée, ne connaîtra pas d'augmentation marquée. Deuxièmement, le potentiel d'amplification des exportations rizicoles vietnamiennes est remarquable, sans entraîner d'incidence néfaste sur la sécurité alimentaire nationale. Troisièmement, il convient de développer le secteur privé afin de renforcer la transition nationale vers une économie de marché, dans le secteur rizicole. Quatrièmement, il serait possible, et indiqué, de libéraliser les échanges commerciaux entre le Vietnam du Nord et le Vietnam du Sud. Et cinquièmement, l'amplification des exportations de riz sera avantageuse pour les agriculteurs ruraux économiquement faibles en raison de l'augmentation de leurs revenus, provenant d'une production accrue et de prix stabilisés. Le projet de l'IFPRI au Vietnam a conjugué des analyses économiques et des mesures visant à renforcer les capacités des analystes décisionnels et des chercheurs vietnamiens en matière de réalisation d'analyses futures. Les chercheurs de la fonction publique et des universités ont pris part aux sessions de formation offertes par l'IFPRI, portant sur les notions et les outils analytiques nécessaires à la préhension des économies de marché. Les efforts de recherche se sont axés sur l'examen des structures et des mécanismes du marché rizicole vietnamien, notamment les incitations et les astreintes de la production et du marketing rizicoles, ainsi que l'identification d'options décisionnelles de réforme. Les chercheurs de l'IFPRI, dont les bureaux étaient situés au sein du ministère de l'Agriculture et du Développement Rural à Hanoï, ont collaboré avec leurs homologues vietnamiens. En outre de la prestation de cours de formation pour quelque 22 analystes de plusieurs ministères et organismes (Agriculture et Développement Rural, Plan et Finances, Office de la statistique, Comité public des prix, université agricole de Hanoï), l'IFPRI a assuré la formation de 17 enquêteurs aux techniques de sondages de données et organisé, pour les analystes décisionnels, un voyage d'étude en Thaïlande, premier pays exportateur mondial de riz. Selon les recherches de l'IFPRI, le Vietnam, dont les exportations de riz suivent un système contingentaire établi par l'Etat, pourrait relever ces dernières pour atteindre quelque 4 à 5 millions de tonnes par an et s'orienter vers un système de marché, sans nuire à la sécurité alimentaire de sa population, tributaire du riz. Fin octobre 1996, les responsables officiels vietnamiens ont relevé à 3 millions de tonnes le contingent des exportations de riz, fixé jusque-là à 2 millions de tonnes, et ont accordé au secteur privé un rôle limité sur le marché des exportations. Selon les conclusions de l'étude de l'IFPRI, la libéralisation intégrale du commerce rizicole vietnamien pourrait faire office de catalyse pour appuyer le taux de croissance agricole national élevé. A l'heure actuelle, les collaborateurs de l'IFPRI assurent la formation des effectifs de la
Direction de la gestion décisionnelle du ministère de l'Agriculture et du Développement
Rural en matière d'utilisation du modèle de l'IFPRI, élaboré pour ce projet aux fins de
planification décisionnelle future. Ce modèle offre une simulation du marché rizicole
vietnamien, par région. A titre de suivi du projet, l'IFPRI prévoit d'amplifier son analyse
afin d'étudier les répercussions de l'augmentation des exportations de riz sur la demande
de main-d'oeuvre, d'intrants et d'autres produits agricoles, notamment l'élevage.
Rééditions Irrigation Development and Environmental Degradation in Developing Countries - a Dynamic Model of Investment Decisions and Policy Options, de Suresh Chandra Babu, B. T. Nivas et Gregory J. Traxler. Repris de Water Ressources Management, vol. 10, n2, avril 1996. Demand Elasticities in Rural Bangladesh : An Application of the AIDS Model, Akhter U. Ahmed et Yawar Shams. Repris de Bangladesh Development Studies, vol. 22, n1, mars 1994. "Water Ressources in the Asia-Pacific Region : Managing Scarcity", de Mark W.
Rosegrant et Ruth S. Meinzen-Dick. Repris de Asian-Pacific Economic Literature, vol.
10, n2, novembre 1996.
Commentaire: Le Microcrédit Rural Au Bénéfice Des Pauvres Le Sommet sur le micro-crédit qui s'est tenu ce mois-ci à Washington, sous la co-présidence de la Première dame des Etats-Unis, Mme Hillary Rodham Clinton, et auquel ont pris part plusieurs chefs d'Etat, les dirigeants de la Banque mondiale et du Programme des Nations Unies pour le développement, a rempli un objectif appréciable en attirant l'attention internationale sur la prestation de crédit aux économiquement faibles des zones rurales. Cette manifestation a également fait l'éloge, ô combien mérité, de la Grameen Bank du Bangladesh, dont la réussite indéniable, avec la prestation de crédit à 2,1 millions d'emprunteurs dans 36.000 villages, a donné lieu à un mouvement international visant à améliorer l'accès au crédit pour les plus démunis du monde entier. L'objectif du Sommet, donner accès au crédit à 100 millions de pauvres d'ici l'an 2005, est ambitieux mais réalisable à condition d'obtenir des ressources suffisantes et des mesures appropriées. Toutefois, il conviendrait que les bailleurs de fonds et les décideurs soient prudents quant à la possibilité de reproduire à l'avenir la banque Grameen ou tout autre modèle. Selon la recherche de l'IFPRI sur les programmes de financement rural, dans onze pays d'Afrique et d'Asie, il n'existe pas de modèle absolu de réussite. Du côté positif, l'amélioration de l'accès des pauvres au crédit, par des formules de micro-crédit et par d'autres démarches, permet de relever les revenus et d'atténuer la pauvreté dans les pays en développement. Cette recherche, poursuivie depuis 1991, constitue l'une des rares études exhaustives de l'incidence du crédit sur les ménages ruraux. Ses conclusions justifient amplement la participation idoine des bailleurs de fonds et des gouvernements nationaux à l'amélioration de l'accès au crédit pour les pauvres ruraux. Ces études confirment la nécessité de nouvelles démarches, axées sur les clients, dans le domaine du financement rural, à la suite de l'échec des politiques directivistes, comme par exemple la répartition du crédit et les taux d'intérêt subventionnés dans le secteur agricole. Alors que les systèmes de crédit agricole, appuyés par l'Etat, se sont révélés inopérants et que leur volume connaît une régression certaine, les banques privées et les coopératives n'ont pas encore pallié cette diminution, d'où l'absence d'accès au crédit pour les agriculteurs et les chefs d'entreprises ruraux de nombreux pays en développement. L'investissement public dans les institutions financières rurales desservant les pauvres est justifié et nécessaire, mais la réussite financière à court terme ne peut constituer un objectif en soi. Il convient de juger les politiques de financement rural au vu de leurs contributions en matière de croissance économique et d'atténuation de la pauvreté. La recherche de l'IFPRI portant sur plusieurs systèmes financiers ruraux dégage une série de principes directeurs pour l'élaboration de marchés financiers ruraux. Ces principes expliquent les différentes démarches adoptées par les institutions financières rurales qui se sont développées selon trois grandes formules, dans les pays en développement : banques villageoises, caisses d'épargne et de crédit subventionnées par l'Etat ou par des organisations non gouvernementales, et associations coopératives liées au système coopératif formel par une gamme de règles et de règlements. L'on peut citer, parmi les conclusions pertinentes pour la conception de moyens d'action axés sur la demande et de programmes financiers ruraux, les éléments suivants : Les méthodes bancaires conventionnelles sont inopérantes pour les pauvres ruraux. Demander aux emprunteurs des garanties matérielles et de remplir un grand nombre de formulaires, c'est méconnaître la réalité du quotidien des pauvres ruraux. Ces derniers n'ont pas les moyens de risquer leurs quelques biens fonciers ou têtes de bétail, et en raison de l'analphabétisme, la constitution d'un dossier devient un obstacle insurmontable. Il conviendrait que la constitution de dossier soit réduite au minimum et que l'on ait recours à des garanties "sociales", par exemple l'encadrement par les pairs, pour déterminer la capacité d'emprunt des plus pauvres. Les démarches locales sont les plus opérantes. Il n'existe aucun modèle absolu de prestation de services financiers aux pauvres, qui soit omni-opérant. Toutefois, l'appui technique et la formation des pauvres constituent les conditions préalables de la réussite. Il conviendrait que les institutions financières des communautés soient contrôlées par les membres de ces dernières, et qu'elles soient encouragées à faire l'essai de différentes démarches de prestation de services financiers et de différentes stratégies d'épargne. Il est nécessaire d'instituer des réglementations destinées à protéger l'épargne et à réduire au minimum les non remboursements de prêts. Mais il conviendrait qu'elles soient suffisamment souples pour reconnaître les institutions "informelles" et permettre aux organisations locales de fixer leurs propres règles. Il est inutile de subventionner les taux d'intérêt. Les pauvres sont disposés et aptes à emprunter aux taux du marché. Les pauvres, notamment les femmes pauvres, sont confrontés à un obstacle précis : l'accès au crédit. L'Etat peut offrir des subventions modestes pour appuyer le développement des institutions financières et faire baisser les frais d'administration des petits prêts, mais il conviendrait que les intérêts et le coût transactionnel incombent au client. Il conviendrait d'axer davantage de crédits sur l'agriculture. Les agriculteurs qui ont accès au crédit ont recours à des technologies agricoles améliorées. La plupart des programmes de crédit agricole ont échoué dans les années 70 et 80 pour avoir employé des démarches bancaires traditionnelles, d'où la carence de crédit que subissent les petits exploitants et les cultivateurs à bail, dénués de crédit pour financer leurs opérations. Les femmes, productrices dans les pays en développement de majeure partie des denrées alimentaires des familles, ont toujours été négligées par les institutions bancaires. De nouvelles institutions de crédit agricole, composées d'adhérents, sont nécessaires pour battre en brèche la pauvreté, car l'agriculture est le moteur de la croissance économique et de l'emploi dans la plupart des pays en développement. Le financement rural ne pourra, à soi seul, atténuer la pauvreté. Davantage de crédit ne signifie pas nécessairement moins de pauvreté. Des interventions idoines et une gouvernance de qualité sont essentielles pour produire un environnement où les services financiers feront pencher le plateau de la balance en faveur des pauvres. Il faut que les hommes et les femmes soient suffisamment instruits et en bonne santé pour se servir du crédit pour des activités productives. Des marchés opérants et fonctionnels sont également indispensables pour que les petits agriculteurs et les chefs d'entreprises puissent obtenir les intrants et les extrants qui leur sont nécessaires pour produire des denrées, puis les acheminer jusqu'aux marchés. Il est nécessaire d'investir dans un filet de protection sociale, dans les routes, l'électricité et les communications, afin de démultiplier les effets d'atténuation de la pauvreté qu'entraîne le crédit. Manfred Zeller, Manohar Sharma et Bonnie McClafferty Manfred Zeller est chargé de recherche à la division Consommation alimentaire et
Nutrition (FCND) de l'IFPRI. Il est l'un des auteurs de l'étude, qui sera publiée
prochainement, sur le financement rural et la sécurité alimentaire. Manohar Sharma est
analyste de recherche et Bonnie McClafferty est analyse des programmes à la FCND.
Publications Récentes Les choix par les agriculteurs de leurs produits ont-ils une incidence sur l'adoption de nouvelles technologies ? Selon le rapport de la recherche n104, "Rôle de la diversification à l'échelon des exploitations agricoles dans l'adoption de technologies modernes au Brésil", de Marc Nerlove, Sephen Vosti et Wesley Basel, le fait d'axer la recherche et les services de vulgarisation agricole sur les exploitations agricoles d'une taille ou d'un type précis n'augmentera sans doute pas les rendements davantage que si l'on les traite toutes à égalité. Selon ce rapport, une augmentation de 1% de la production totale entraîne une augmentation de 1% de l'utilisation d'intrants modernes, quelle que soit la gamme de denrées produites ou sa stabilité. Les contraintes de l'offre, notamment l'absence de crédit, déterminent pour une grande part l'adoption ou la non adoption des technologies, et ces mêmes contraintes touchent presque toutes les exploitations agricoles dans une même mesure. Le rapport étudie comment les décisions de production et de volume prises par les agriculteurs, en matière de cultures ou d'élevage, sont liées à l'adoption de technologies. Puisque ces dernières sont d'ordinaire élaborées en fonction de cultures précises, la décision de l'agriculteur consistant à choisir telle ou telle culture signifiera qu'il adoptera simultanément de nouvelles technologies. Réalisée dans la région de Zona da Mata, dans l'Etat de Minas Gerais au Brésil, une région pauvre mais diversifiée du point de vue agricole, l'étude s'appuie sur une analyse statistique par grappes afin d'identifier les exploitations agricoles selon leur gamme de production. Ces dernières, réparties en groupes selon la part de leur production agricole consacrée à un produit donné, se divisent en cinq catégories de production : café, produits du maïs, produits laitiers et riz, et la main-d'oeuvre hors-exploitation agricole s'inscrit en cinquième catégorie. Ces catégories constituent la base de l'examen des facteurs influant sur l'adoption de nouvelles technologies : taille et échelle de l'exploitation, dépenses pour les intrants modernes, degré de spécialisation (ou diversité de ses produits agricoles) et qualité des terres. En dépit des variations agro-écologiques, les agriculteurs sont à même de modifier aisément leur gamme de production lorsqu'il s'agit de café, maïs, produits laitiers et main-d'oeuvre hors-exploitation agricole, mais le riz, lui, exige des sols plats et irrigués. Selon l'étude, les décisions des agriculteurs concernant la modification de leur gamme de produits sont subordonnées aux politiques de prix et à la disponibilité des services de vulgarisation agricole, qui varient selon les produits. Nombre d'agriculteurs de la Zona da Mata produisent du café car les prix des intrants et des extrants sont subventionnés et cette denrée bénéficie de termes de crédit préférentiels. Le volume et l'échelonnement des investissements et des recettes selon les produits influent également sur les choix des agriculteurs. L'étude analyse également la stabilité de longue durée de la structure de la production.
Trente-cinq pour cent des exploitations agricoles étaient stables, restant six ans dans la
même grappe, 31% étaient marginalement stables ne changeant de grappe qu'une fois par
an, et 29% changeaient de produit, passant d'une grappe à une autre pendant cette
période. Les agriculteurs ayant gardé une gamme de produits stable ou ayant adopté la
production de café semblaient avoir de meilleurs résultats que les autres agriculteurs.
Mais même les agriculteurs les plus pauvres étaient disposés à la mouvance en réponse
aux incitations économiques et autres.
Les Ventes D'eau Provenant Des Nappes Phréatiques Favorisent L'égalité Au Pakistan, à l'instar d'autres pays d'Asie du Sud, les agriculteurs qui en ont les moyens investissent dans des puits abyssiniens afin d'assurer leur approvisionnement en eau d'irrigation, répondant à leurs besoins. Lorsque ces agriculteurs possèdent plus d'eau qu'ils n'en utilisent, il revendent parfois l'excédent à leurs voisins ou à leurs familles, à proximité. Jusqu'à présent la recherche s'est peu préoccupée de ces marchés hydriques informels. Mais au fur et à mesure de la raréfaction et de la détérioration de l'eau, les pays exigent des informations de manière à formuler leurs politiques destinées à améliorer l'accès aux ressources hydriques, notamment pour les cultivateurs à bail et les petits exploitants agricoles. Le rapport de la recherche n105, "Les Marchés phréatiques au Pakistan : participation et productivité" de Ruth Meinzen-Dick, étudie les rouages des marchés hydriques, les participants, la nature des transactions et les incidences de ces marchés sur la productivité et les revenus agricoles. Ses conclusions s'appliquent à toute l'Asie du Sud. Les puits abyssiniens privés appuient la production en amplifiant le contrôle des agriculteurs quant au volume et à la périodicité des irrigations, ce qui non seulement améliore les rendements mais permet également aux agriculteurs d'adopter des cultures plus lucratives, augmentant ainsi leurs revenus. Au Pakistan, les agriculteurs exploitant plus de 25 acres* sont plus à même de posséder un puits abyssinien, alors que les agriculteurs exploitant moins de 10 acres* achètent d'ordinaire l'eau provenant des nappes phréatiques. Au Pendjab et dans la province de la frontière nord-ouest, régions à l'étude, 15% des agriculteurs sont propriétaires de puits abyssiniens. Près d'un tiers des propriétaires (5% de l'échantillon total) vendent de l'eau, sporadiquement au moins, et 30% achètent de l'eau. Toutefois, selon les résultats du rapport, les politiques qui encouragent les exploitants moyens (10 à 25 acres*) à investir dans des puits abyssiniens, favorisent l'égalité, car ces agriculteurs n'utilisent éventuellement pas toute leur eau sur leurs terres, alors que c'est souvent le cas pour les gros exploitants, et qu'ils sont aussi plus à même de financer un puits que ne le sont les petits exploitants. Les mesures destinées à appuyer les agriculteurs pauvres, par des crédits destinés à l'achat de puits abyssiniens, seraient utiles, notamment celles encourageant les agriculteurs à acheter, à installer et à exploiter collectivement et de concert ces puits. Selon les conclusions du rapport, les agriculteurs, qu'ils construisent leur propre puits ou qu'ils soient copropriétaires d'un puits, pourraient tirer parti d'une assistance technique pour situer les poches d'eau douce. Le rapport indique également que la possession d'un puits abyssinien favorise davantage la productivité que les achats d'eau, en grande partie parce que ces achats ne sont pas fiables : les agriculteurs ne peuvent être sûrs de pouvoir acheter des réserves idoines d'eau, au moment voulu. Les agriculteurs propriétaires de leurs propres puits abyssiniens ont des marges bénéficiaires brutes de 5.000 roupies, soit plus du double des agriculteurs acheteurs exclusifs d'eau. Les agriculteurs ayant accès à l'eau des canaux et possédant un puits avaient des marges brutes de 18.000 roupies. A l'heure actuelle, les agriculteurs peuvent uniquement vendre l'eau des nappes phréatiques à leurs voisins car le coût de son pompage, sur de grandes distances, reste prohibitif. Lorsque possible, il conviendrait de permettre aux agriculteurs de charrier l'eau par le truchement des canaux publics, à condition de ne pas gêner l'exploitation de ces derniers. Bien que les puits abyssiniens privés amplifient la maîtrise de l'eau par les agriculteurs, et
ce faisant, leur productivité, ils constituent une option viable uniquement dans les régions
où l'eau de qualité est abondante. Au Pendjab dans son ensemble, le volume d'eau
souterraine pompée outrepasse de 25% le volume d'eau réapprovisionné. Lorsque le
volume d'eau souterraine, de qualité, est restreint, il convient de d'accorder la priorité aux
efforts visant à partager équitablement les réserves d'eau par le biais du développement de
marchés hydriques et la propriété collective de puits.
La Chine Restera Importatrice De Céréales, selon les prévisions du document de travail n19 Selon les prévisions du document de travail n19 de l'Initiative Alimentation, Agriculture et Environnement : Vision pour 2020, publié récemment, la Chine ne produira pas suffisamment de céréales pour remplir ses propres besoins dans les décennies à venir. Bien que le pays restera sans doute un gros importateur de céréales, le volume de ses importations n'épuisera pas les marchés mondiaux, ni n'affamera les autres pays, précisent les auteurs, Jikun Huang, Scott Rozelle et Mark W. Rosegrant. Les prévisions d'autres études concernant la situation céréalière de la Chine varient sensiblement. Selon certaines, la Chine importera des quantités gigantesques, épuisant les réserves mondiales et entraînant une hausse des prix, et selon d'autres la Chine deviendra exportatrice de céréales. Les auteurs du rapport emploient un modèle intégré de l'offre et de la demande céréalières jusqu'en l'an 2020, et tiennent soigneusement compte des changements structurels qui interviennent à l'heure actuelle, en Chine. Selon leurs indications, la Chine s'appuiera sans doute sur les marchés mondiaux pour remplir une petite partie de la demande céréalière intérieure, pour des volumes beaucoup moins importants que d'aucuns ne le suggèrent. Selon les prévisions de l'IFPRI, la Chine devra acheter à l'étranger 24 millions de tonnes de céréales d'ici l'an 2000, soit 25% de plus que son achat maximum en date, mais ses importations connaîtraient ensuite une stabilisation. Plusieurs facteurs tendront à juguler une trop forte hausse des importations céréalières chinoises. En premier lieu, les dirigeants chinois se soucient de maintenir la quasi-autosuffisance nationale de la production agricole. En second lieu, des importations gigantesques entraîneraient une hausse des prix, restreignant les capacités chinoises d'achats céréaliers. Troisièmement, les fluctuations des marchés de devises pourraient limiter, pour la Chine, l'accessibilité des céréales importées. Et quatrièmement, les capacités portuaires et de transport de la Chine imposent une limite au volume des achats de céréales importées. En conclusion, selon l'étude, le bilan céréalier de la Chine sera tributaire des mesures
prises par ses dirigeants en matière de croissance démographique et d'investissements
dans l'agriculture et autres installations et institutions.
Quatrième Conférence Pour l'IFPRI Du Pr. Benneh Du Ghana En dépit des nombreux maux auxquels se trouve confrontée l'agriculture en Afrique subsaharienne, le professeur Georges Benneh du Ghana s'est affirmé optimiste : la recherche permettra de résoudre les problèmes alimentaires de l'Afrique. Au cours de la quatrième série de conférences annuelles de l'IFPRI, qui s'est tenue le 11 décembre 1996, M. Benneh, ancien recteur adjoint de l'université du Ghana, a cité les motifs d'optimisme que soulève le nouvel accent international mis sur l'agriculture pérenne. "Alors que l'on réalise de plus en plus dans le monde industrialisé qu'il est rationnel de mettre en valeur la Nature, l'on étudie également davantage les systèmes agricoles de petite échelle, pratiqués depuis toujours en Afrique : polyculture, agroforesterie, agriculture sans produits chimiques", déclarait-il, "ce n'est que depuis les années 70 que les chercheurs s'efforcent d'améliorer les "cultures des pauvres", c'est-à-dire les aliments de base". Il a été plus facile d'assurer la réussite de la révolution verte en Asie car elle s ést appuyée foncièrement sur un seul ensemble de technologies rizicoles : irrigation, variétés de haut rendement, engrais et lutte phytosanitaire, précisait M. Benneh. Toutefois, dans les pays africains, les aliments de base sont multiples : maïs, millet, cassave, taro, ignames et bananes, et chacun exige une technologie en propre. L'irrigation est restreinte et peu de pays, en dehors du Zimbabwe et de l'Afrique du Sud, possèdent la base industrielle nécessaire pour assurer la fourniture d'intrants chimiques. La production alimentaire baisse de 2% et la croissance démographique est de 2,8%, d'où une insécurité alimentaire pour 100 millions d'habitants. Parallèlement, la base de ressources naturelles se détériore rapidement. Selon l'estimation de la FAO, 3,7 millions d'hectares forestiers disparaissent tous les ans, et l'érosion s'accélère. "Le taux de déperdition pédologique est partout plus rapide que le taux de constitution des sols, et cette crise environnementale qui s'aggrave fait échec aux espoirs de progrès des humains", ajoutait M. Benneh. Les agriculteurs africains ne savent plus à quelle logique se fier. Ils ne savent pas s'il faut adopter l'innovation ou conserver leurs pratiques. L'agriculture africaine a connu son zénith à l'époque coloniale, car les pays africains étaient d'importants exportateurs de cultures lucratives, telles que le cacao, les arachides et le thé. La réussite agricole de l'Afrique de l'époque s'appuyait sur la recherche et les intrants fournis par les colonisateurs européens. Mais ces méthodes agricoles ne sont pas pérennes. "L'Afrique pourrait nourrir ses habitants si elle connaissait une seconde révolution verte, reposant sur ses cultures de base", affirmait M. Benneh. En conclusion, la recherche internationale détient la clé du salut de l'Afrique. Il incombera aux scientifiques d'élaborer de nouvelles variétés de cultures de base, résistantes à la sécheresse, car les pluies ne sont plus aussi régulières que dans le passé. Il leur faudra également enseigner quelles cultures sont à conjuguer pour obtenir les meilleurs rendements et élaborer des techniques pour protéger les sols. Selon M. Benneh, la découverte de solutions durables exigera que les scientifiques aient l'humilité de se rendre dans les champs, pour que les agriculteurs leur enseignent leurs méthodes de longue date et leur expliquent comment ils ont réussi à faire face aux difficultés. IFPRI holds the copyright to its publications and web pages but encourages duplication of these materials for noncommercial purposes. Proper citation is required. |
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