Attaquer Les Racines Causales De L'Instabilité Les tragédies à l'instar de celles du Burundi, du Rwanda et de la Somalie sont largement rapportées par les médias internationaux, mais ces événements ne sont que la partie exposée d'un iceberg beaucoup plus profond. L'instabilité chronique couve dans des dizaines des pays en développement les plus pauvres, pliant sous le poids d'une poussée démographique rapide, d'une croissance économique asthénique, de gouvernements velléitaires et d'un développement humain affaibli. Les tensions ethniques et les rivalités politiques constituent les causes présumées de ces situations, toutefois il est indubitable que les causes réelles en sont plus pénétrantes. Un secteur agricole anémique, l'insécurité alimentaire, la faim et la détérioration de l'environnement constituent d'importants facteurs aggravants l'instabilité et les conflits chroniques dans les pays en développement. Dans la quasi intégralité du monde en développement, les agriculteurs cultivent de minuscules parcelles et en tirent de maigres revenus, à peine suffisants pour nourrir leurs familles. Ces situations constituent un terrain propice à la détresse et aux conflits. Dans de nombreux pays les migrations internes sont à l'évidence liées au même problème : trop d'exploitants sur trop peu de terres, et de nouveaux arrivants ayant peu ou pas accès aux terres cultivables. Ces migrants s'installent souvent dans les aires boisées ou sur des sols plus marginaux, ce qui sape la base de ressources naturelles du pays et amoindrit les possibilités de croissance future. L'inaptitude à dégager des moyens d'existence autres que marginaux entraîne une autre incidence importante : elle diminue le pouvoir d'achat d'ensemble des habitants ruraux et joue ainsi un rôle important dans l'incapacité des économies rurales à contribuer aux progrès nationaux en matière de bien-être économique. En outre, les agriculteurs économiquement marginaux possèdent rarement les ressources financières pour réaliser les investissements de long terme pour améliorer la productivité ou protéger les ressources, qui pourraient les dégager de la pauvreté. De nombreux dirigeants des pays en développement, de façon quelque peu surprenante, ne considèrent toutefois pas la crise silencieuse des zones rurales comme une péril menaçant la sécurité de leur gouvernement ou de leur pays. Episodiquement, les gouvernements ont même recours aux denrées alimentaires en guise de moyen dans les conflits régionaux, pour tenter d'appuyer certaines régions aux dépens d'autres. A l'évidence, ces politiques cyniques, de court terme, doivent cesser. Il convient que les pays en développement adoptent la sécurité alimentaire pour priorité, toutes affaires cessantes, s'ils souhaitent affermir la stabilité interne et renforcer la base de leur croissance future. Il conviendrait d'ailleurs que les pays industrialisés et les institutions internationales consolident leur axe portant sur l'amélioration de la sécurité alimentaire et l'étaiement des économies rurales. Au fil des dernières décennies, de nombreux pays en développement ont réussi, quasi miraculeusement, à relever leur production alimentaire suffisamment rapidement pour l'aligner sur leur croissance démographique. La recherche aboutissant à la mise au point de variétés à haut rendement a constitué un facteur prépondérant de cette réussite. Il convient que cet effort se poursuive et soit stimulé dans les pays de réussite antérieure lacunaire. La croissance ininterrompue d'une agriculture et d'une production alimentaire éco-durables reste absolument essentielle pour que les pays en développement puissent atténuer les risques de conflits résultant de pénuries. Tout d'abord, plus de la moitié de la population économiquement active des pays en développement travaille dans le secteur agricole. En Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, les deux régions où la situation en matière de sécurité agricole est la plus inquiétante, près de deux membres de la population économiquement active sur trois pratiquent l'agriculture. Dans ces pays, il convient que le progrès économique englobe l'amélioration du bien-être économique rural. En dehors de la nécessité de nourrir la population actuelle, il convient de s'efforcer de nourrir celle de demain. Les pays en développement, à titre collectif, connaîtront - selon les prévisions - une croissance démographique qui les fera passer de 4,7 milliards d'habitants, chiffres aujourd'hui, à 6,5 milliards d'habitants d'ici l'an 2020. Cette augmentation de 1,8 milliard d'habitants équivaut à près de trois fois la population actuelle de l'Afrique subsaharienne. Etant donné cette multiplication de bouches à nourrir, tout recul grave de la production alimentaire serait potentiellement tragique. Le monde industrialisé se trouve à un carrefour : si notre engagement à l'appui des pays en développement poursuit sa régression, l'instabilité et les conflits se transformeront sans doute en problèmes chroniques dans certaines régions, dans les quelques décennies à venir. Si nous sommes en mesure de renforcer notre engagement, nous verrons un affermissement de la stabilité interne dans de nombreux pays, et une progression graduelle du bien-être économique. Il conviendrait d'adopter cette orientation, dans l'intérêt du monde industrialisé tout autant que celui des pays en voie de développement. Per Pinstrup-Andersen Per Pinstrup-Andersen, directeur général de l'IFPRI Perspectives De La Recherche : Une Nouvelle Recherche Offre Un Apercu De La Robustesse Future De L'agriculture Chinoise Les ressources rurales de la Chine subissent des pressions croissantes exercées par un intensification de la demande de produits agricoles et de l'appauvrissement environnemental. De nombreux observateurs sinologues s'interrogent sur la manière dont la Chine, avec une économie agricole et démunie, pourra maintenir un approvisionnement stable et abordable de produits agricoles. Dans l'édition spéciale de juin 1997 de l'Examen de politique alimentaire, Mark Rosegrant et Roberta Gerpacio, rédacteurs invités, de l'IFPRI et Scott Rozelle de l'université Stanford, réunissent six articles analysant les antécédents de la gestion des ressources agricoles de la Chine, la performance de son agriculture aujourd'hui et les gageures auxquelles la Chine devra faire face pour remplir les besoins alimentaires de sa démographie croissante. Cette édition spéciale circonstancie la croissance de la productivité agricole en chine et décrit la relation entre la politique agricole chinoise, sa croissance agricole, le renforcement institutionnel et le développement économique. L'on y analyse en outre l'offre et la demande futures de céréales, en Chine, et à quel degré la Chine devra être présente sur les marchés de denrées alimentaires mondiaux pou remplir une demande future. Les articles passent également en revue la détérioration environnementale dans l'optique de la production agricole, et décrivent les réussites et les échecs du système rural de protection agricole chinois. Les auteurs relèvent que les décideurs de la politique chinoise, centralisée, rencontreront des obstacles entravant la protection du secteur agricole : problèmes budgétaires chroniques et restrictions futures qu'imposera l'Organisation mondiale du Commerce. Libérée de ses mesures d'extrême protection, la Chine sera en mesure de remplir ses objectifs alimentaires uniquement en intensifiant sa corrélation par rapport aux marchés internationaux, en établissant des relations commerciales stables avec le reste du monde et en exploitant son avantage comparatif agricole. Selon les auteurs, la Chine devra investir dans l'agriculture, notamment dans la recherche portant sur de nouvelles technologies visant à amplifier la productivité agricole et les moyens d'atténuer les problèmes environnementaux ruraux. Pour tirer intégralement parti des progrès futurs de la productivité agricole, il conviendra également que les dirigeants chinois recherchent des interventions qui amèneront les agriculteurs à assurer une meilleure affectation des ressources au sein du secteur agricole, et qui tiendront compte du coût de la détérioration écologique et des avantages de la régénération environnementale. Les dirigeants chinois conviennent de la nécessité de la croissance et de la stabilité économiques,
ainsi que du rôle essentiel de l'agriculture dans ce sens, nous rapportent les auteurs. Ces derniers
indiquent également que depuis quelques années, la Chine a été en mesure de trouver des
solutions à ses problèmes ruraux, notamment lorsqu'ils entravent le développement plus général.
Ils émettent toutefois une mise en garde : il faudra, pour résoudre les problème auxquels est
confrontée l'agriculture chinoise, un investissement considérable en matière de capital humain.
La série d'articles conclut que l'engagement des pouvoirs publics centraux envers une réforme
économique progressive et la disposition sociétale pour la mise à l'essai d'options diversifiées
pour régler des problèmes ardus, permettront un apport d'idées novatrices alors que les décideurs
recherchent des moyens d'action et des institutions opérants.
L'ouvrage D'un Chercheur De L'ifpri Aborde La Question De L'economie Des Ressources Naturelles En Inde L'Inde possède un long passé d'enseignement et de recherche économique, théorique et appliquée. Elle est également pourvue d'excellents économistes des ressources naturelles, mais ce n'est que depuis quelques années que les universités et les organismes de recherche ont lancé des programmes spécifiques d'enseignement et de recherche dans ce domaine. Natural Resource Economics : Theory and Application in India (Economie des ressources naturelles : théorie et application en Inde), ouvrage rédigé par John M. Kerr (chargé de recherche de l'IFPRI), Dinesh K. Marothia, Katar Singh, C. Ramasamy et William R. Bentley, a été publié pour appuyer les programmes d'enseignement de l'économie des ressources naturelles, créés en Inde et dans le monde en développement. Cet ouvrage se divise en trois grands chapitres : concepts, méthodes et applications. Il offre un
examen exhaustif de la gestion des ressources naturelles en Inde, élément utile pour les étudiants
de l'économie des ressources naturelles et il présente des études de cas, éléments utiles aux
décideurs, administrateurs des ressources et autres professionnels du secteur. Les études de cas et
les exemples de problèmes de la gestion des ressources naturelles, en Inde, présentés dans cet
ouvrage le distinguent sensiblement des autres ouvrages sur l'économie des ressources naturelles.
Il regroupe 33 auteurs, pour la plupart indiens. Pour tout renseignement, prix de l'ouvrage et
autre, veuillez contacter : Oxford & IBH Publishing Co Pvt Ltd, 66 Janpath, 2nd floor, Nouvelle
Delhi 110001 (Inde), télécopie : 91-11-371-3275, courrier électronique :
oxford.publ@axcess.net.in (ISBN 81-204-1095-5, 636 pages.).
Publications Recentes Examen de politique alimentaire : confirmation de la relation entre les services de crédit et la sécurité alimentaire Dans les pays en développement, lorsque les familles sont confrontées aux carences de denrées alimentaires et à l'absence d'accès aux services financiers, notamment de crédit, d'épargne et d'assurance, la faim et la malnutrition chroniques en résultent souvent. En prévision de pénuries de denrées alimentaires, les familles peuvent pallier ce problème en diversifiant leurs sources de revenus, en vendant leurs actifs ou en empruntant auprès de membres de leur famille, de prêteurs ou d'institutions bancaires formelles. Toutefois, les banques commerciales hésitent à prêter aux pauvres car ils possèdent rarement les garanties à fournir en contre-valeur du prêt sollicité. En outre, les banques déclinent souvent les prêts à la consommation, par opposition aux prêts d'investissement, destinés à permettre aux exploitants agricoles de surmonter les périodes difficiles, par exemple au préalable des moissons. Dans l'Examen de politique alimentaire n4, "Services financiers ruraux et sécurité alimentaire des pauvres : conséquences pour la recherche et les moyens d'action", les auteurs (Manfred Zeller, Gertrud Schrieder, Joachim von Braun et Franz Heidhues) examinent le potentiel d'amélioration de la sécurité alimentaire dans les pays en développement grâce à l'accès aux services financiers. Après avoir examiné les théories et les conclusions empiriques concernant les pratiques d'emprunt et d'épargne des pauvres ruraux, ils étudient la notion selon laquelle l'apport de services financiers permet de prévenir l'insécurité alimentaire aussi bien chronique que passagère, de trois manières : (1) en permettant aux ménages d'obtenir des intrants, de la main-d'oeuvre et du matériel à investir dans leurs activités, pour amplifier leurs revenus, (2) en relevant les capacités des pauvres à assumer des risques, ce qui les encourage à tenter de nouvelles activités, plus hardies et plus rémunératrices, et (3) en stabilisant la consommation, ce qui aplanit les fluctuations annuelles et saisonnières. Selon les conclusions de l'étude, nombre d'institutions financières novatrices, regroupant des adhérents, et qui connaissent une certaine réussite ces dernières années, par exemple la banque Grameen au Bangladesh, conjuguent les meilleurs éléments des systèmes de prêt informels des prêteurs ou des tontines à ceux des banques commerciales et des coopératives. Elles remplacent notamment les impératifs de garanties par divers critères adaptés localement (pression sociale, épargne obligatoire, références de respectabilité). Les institutions communautaires, comme les groupements de crédit, les sociétés coopératives et
les banques villageoises, dirigées d'ordinaire par des organisations non gouvernementales avec
l'aide de subventions des bailleurs de fonds, stimulent une progression durable des revenus, de la
sécurité alimentaire, de l'éducation et de la nutrition. Bien que la plupart nécessitent des
subventions, tout du moins au cours de leurs premières années, selon les conclusions des auteurs,
un appui modeste de longue durée serait justifié à condition que les institutions financières
rurales au service des pauvres aient un rapport coûts-avantages supérieur à celui des autres
subventions, par exemple les subventions alimentaires. Il sera nécessaire de réaliser davantage de
recherche sur l'évaluation des incidences économiques et sociales de l'appui public en faveur des
institutions financières rurales. (ISBN 0-89629-503-6, 140 pages).
Un nouvel ouvrage examine la manière dont les ménages répartissent les ressources entre leurs membres Dans un nouvel ouvrage, publié par l'IFPRI en collaboration avec les éditions de l'université Johns Hopkins, des économistes, des démographes, des sociologues et des anthropologues se sont associés à l'étude sur la manière dont, dans les pays en développement, les ménages répartissent leurs ressources en leur sein, et en quoi ces éléments sont importants pour les décideurs. Intrahousehold Resource Allocation in Developing Countries: Models, Methods and Policy (Affectation des ressources intra-ménage dans les pays en développement : modèles, méthodes et politique générale), regroupant dans l'équipe de rédaction Lawrence Haddad, John Hoddinott et Harold Alderman, étudie les nombreux facteurs complexes qui influent sur les décisions des familles et des ménages quant à l'utilisation des ressources temporelles, financières et autres. L'ouvrage démontre qu'en méconnaissant ces facteurs, les décideurs désireux d'améliorer l'existence des économiquement et alimentairement faibles se condamnent eux-mêmes à l'échec. Ces deux dernières décennies, plusieurs théories concernant la prise de décision des ménages ont été proposées, et cette étude s'efforce d'expliciter lesquelles sont les plus utiles pour l'étude de l'affectation des ressources intra-ménage, dans les pays en développement. Selon certains de ces auteurs, il convient de prendre chaque ménage à titre de décideur unique qui met en commun toutes ses ressources pour agir au bénéfice de tous ses membres. D'autres s'axent sur la manière dont les préférences, parfois conflictuelles, des membres individuels du foyer se conjuguent selon diverses formules pour aboutir à un choix collectif. Selon les auteurs, ces deux démarches générales sont dignes d'intérêt et il conviendrait d'en tenir compte pour les analyses décisionnelles. Alors que le premier modèle comporte nombre d'éléments intéressants pour les décideurs et reste plus facile à manier, le second est plus à même de refléter la réalité. Plusieurs auteurs de l'ouvrage s'appuient sur des conclusions empiriques pour examiner ces questions théoriques, indiquant que les décisions des ménages se fondent sur divers facteurs, notamment les conventions culturelles définissant le statut des hommes et des femmes, des adultes et des enfants. Par exemple : lorsque les femmes ont droit de regard sur les ressources, elles leur réservent une utilisation différente de celle des hommes, avec des résultats différents quant au bien-être du foyer. L'un des chapitres souligne l'influence sensible sur l'existence du ménage des actions des membres des familles hors foyer. Ces questions comportent des conséquences profondes en matière d'interventions. Les décideurs présument d'ordinaire qu'en atténuant la pauvreté des conditions d'existence des particuliers, l'on peut atténuer la pauvreté des ménages, ou que l'on peut diminuer la pauvreté des particuliers sans tenir compte des actions des autres membres du foyer. Les auteurs démontrent le caractère erroné de ces hypothèses. Si, par exemple, un programme de repas scolaires vise les enfants souffrant de malnutrition, un ménage y réagira en diminuant l'alimentation de l'enfant au foyer pour augmenter celle des autres membres du foyer. Une préhension plus exhaustive du comportement intra-ménage pourrait permettra aux diverses politiques en la matière de toucher effectivement les populations visées, ce qui mènerait à de meilleures interventions dans les domaines de la production et de la consommation alimentaires, de la nutrition, de la gestion des ressources naturelles et de la fécondité. "Intrahousehold Resource Allocation in Developing Countries : Models, Methods and Policy,
équipe de rédaction : Lawrence Haddad, John Hoddinott et Harold Alderman, en vente auprès
des presses de l'université Johns Hopkins, 2715 North Charles Street, Baltimore (Maryland),
21218-4319 (tél. : 1-800-537-5487 ou 1-410-516-6957), prix : 55 dollars américains (ISBN 0-8018-5572-1, 383 pages).
Mesurer L'incidence Des Soins Sur La Nutrition Des Enfants La notion selon laquelle les soins, c'est-à-dire l'attention et le temps accordés aux enfants, ont une incidence sur leur santé et leur nutrition n'est pas une nouveauté dans le domaine de la nutrition. Mais les pratiques de soins varient fortement selon les différentes cultures, dans les pays en développement, et il est donc difficile de mesurer en termes quantitatifs le rapport qui existe entre les soins, la disponibilité des aliments et la situation nutritionnelle. Le document thématique de Patrice L. Engle, Purnima Menon et Lawrence Haddad, Care and Nutrition : concepts and Measurement (Soins et nutrition : concepts et mesures), récapitule les questions ayant trait aux soins et avance plusieurs stratégies de mesure pouvant être appliquées dans de nombreuses cultures. Il s'agit d'un développement du modèle de soins et de santé infantiles mis au point par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance, en définissant les ressources nécessaire aux dispensateurs de soins pour offrir des soins idoines. Ce modèle souligne également que les caractéristiques individuelles de l'enfant remplissent tout autant des fonctions par rapport au type de soin que l'enfant en question recevra. L'élément clef de la qualité des soins prodigués reste le comportement de l'enfant. Par exemple, une enfant passive déclenchera une moindre réponse de la personne qui s'en occupe qu'une enfant exigeante. Les dispensateurs (ou dispensatrices) de soins déploient un moindre effort pour alimenter un enfant qui refuse les aliments ou qui et difficile à nourrir. Des rapports positifs entre le dispensateur de soins et l'enfant entraînent une ingestion alimentaire accrue de l'enfant. En étudiant les ressources auxquelles les dispensateurs (les dispensatrices) de soins ont recours pour remplir les besoins physiques, mentaux et sociaux de la croissance infantile et enfantine, les auteurs retiennent six facteurs : 1. Education, connaissances et croyances : selon l'étude, des dispensatrices (ou dispensateurs) de soins mieux instruites sont plus à même de tirer parti, par exemple, des programmes de santé communautaires et de solliciter une aide au cas où l'enfant serait malade. 2. Santé physique et nutritionnelle : si le dispensateur (la dispensatrice) de soins souffre de malnutrition ou de maladie, il (ou elle) accordera moins de temps aux soins accordés à l'enfant. 3. Santé mentale, degré de tension et auto-confidence : bien que le rapport entre la dépression et le stress et la qualité des soins soit établi, dans les pays développés, il convient de mettre au point des mesures particularisées pour les pays en développement. 4. Autonomie et droit de regard sur les ressources : lorsque les femmes contrôlent les ressources des ménages, elles en affectent une plus grande part aux enfants. 5. Charge de travail et temps disponible : le travail à l'extérieur du foyer de la mère, constitue-t-il bonne ou mauvaise influence pour les jeunes enfants ? Cela dépend de la qualité de la personne qui la remplace pour s'occuper de l'enfant et de l'importance des revenus que tire la mère de ce travail. 6. Famille et appui social de la communauté : avec l'arrivée accrue des femmes dans la main-d'oeuvre, la principale forme d'appui social nécessaire reste la présence de dispensatrices de soins compétentes pour remplacer la mère. Les crèches ou autres institutions sont rarement disponibles dans les pays en développement, et la garde des enfants comporte des coûts sociaux élevés si les filles restent au foyer pour garder les plus jeunes enfants. Les auteurs ont étudié deux pratiques de soins juvéniles, en détail : l'alimentation complémentaire et les soins psychosociaux. Les pratiques alimentaires, ayant une incidence sur la nutrition, englobent l'adaptation des aliments offerts aux capacités de l'enfant (aliments à la cuiller, par exemple) et la réactivité aux indications de l'enfant (lui donner davantage de nourriture ou des aliments différents). Les soins psychosociaux, c'est-à-dire l'affection et l'attention accordées à l'enfant, englobent les rapports physiques, visuels et verbaux entre le dispensateur (la dispensatrice) de soins et l'enfant. Les pratiques sont tributaires des normes culturelles. Par exemple, pour attirer l'attention d'un enfant, les Amérindiennes fixent leur regard sur l'enfant, alors que les Euro-Américaines lui parlent. Toutefois, le but de l'action est le même. Certes, il reste beaucoup à apprendre sur le rôle des soins et la manière d'en prendre la mesure,
mais une meilleure préhension de ces questions apporte aux décideurs les outils permettant de
concevoir de meilleures interventions en matière de santé et de nutrition infantiles. (ISBN 0-89629-334-3).
Vue d'ensemble : agriculture et alimentation en Amérique Latine Les pays d'Amérique Latine entament, au nom de l'ajustement structurel, des remaniements parfois ardus de leur stratégie du développement. Le moteur d'entraînement de la croissance passe donc des mains de l'Etat à celles du marché. Les réformes ont englobé la décentralisation des pouvoirs publics, la privatisation et la déréglementation des marchés. Quelle a été l'incidence de cette mouvance sur le système agricole et alimentaire, point d'orgue d'une croissance durable ? Ces rectifications aideront-elles l'Amérique Latine à faire face aux problèmes graves (pauvreté, inégalité, insécurité alimentaire, malnutrition, détérioration de l'environnement et urbanisation rapide) entravant la réalisation des Perspectives de 2020 dans la région ? Dans le document de travail n21 de l'IFPRI, Challenges to the 2020 Vision for Latin America : Food and Agriculture since 1970 (Gageures des Perspectives 2020 pour l'Amérique Latine : alimentation et agriculture depuis 1970), James L. Garrett souligne les réussites et les difficultés rencontrées dans la région ces 25 dernières années. Il y décrit les mesures nécessaires pour que l'Amérique Latine éradique la pauvreté, la faim et la malnutrition, et qu'elle parvienne à une utilisation opérante et pérenne de ses ressources naturelles d'ici l'an 2020. Dans les années 70 et 80, les pays d'Amérique Latine ont accumulé d'énormes dettes extérieures pour financer leur consommation interne. Lors de la hausse en flèche des taux d'intérêt, ces mêmes pays ont subit un effondrement économique et les revenus ont chuté, en moyenne, de 10%. Les Etats ont donc dû adopter une politique de marché. Dès les années 90, le PNB par habitant s'est stabilisé dans la plupart des pays, et la région a connu un taux de croissance de 3,1%. Pourtant, en 1990, 46% des habitants de la région vivaient dans la pauvreté, pourcentage identique à celui des années 70. En Amérique Latine et dans la Caraïbe, selon M. Garrett, les caractéristiques les plus frappantes de la pauvreté restent l'écart démesuré de distribution des revenus, des terres et des chances, entre les riches et les pauvres, ainsi que le glissement de l'axe de la pauvreté, se déplaçant des zones rurales vers les zones urbaines. Seuls 8% des revenus vont aux 40% des foyers les plus pauvres au Brésil, Guatemala et Honduras. En dépit des récents revers économiques dans la région, la nutrition y reste dans l'ensemble meilleure que dans d'autres régions en développement, bien que de graves problèmes persistent dans certains pays, notamment l'Equateur et le Pérou. Bien que plus de 70 des populations latino-américaines vivent dans les villes, cette région possède un avantage comparé solide sur les marchés mondiaux dans le domaine de l'agriculture et des ressources naturelles. Dans les pays de forte urbanisation, le système alimentaire et agricole représente 25% au minimum de l'activité économique. Les petits exploitants agricoles, élément important de l'agriculture dans cette région, produisent d'ordinaire jusqu'à un tiers des denrées de base, notamment le maïs et les fèves, sur moins de 15% des sols agricoles. A l'horizon 2020, la principale gageure de l'agriculture consistera à amplifier sa compétitivité tout en protégeant la base de ressources naturelles par l'utilisation de technologies éco-conviviales. Le document de travail recommande les mesures suivantes, parmi les actions nécessaires à la réalisation des Perspectives 2020 : investissement dans le capital humain, notamment l'éducation, la santé et l'assainissement. ouverture des filières de participation des citoyens et renforcement des municipalités. élaboration de l'infrastructure des transports et des communications, et renforcement des systèmes financiers. mise au point, par le biais de la recherche, de technologies destinées à décupler la
productivité et les revenus agricoles, notamment des petits exploitants agricoles. (ISBN
0-89629-604-0, 38 pages).
Rééditions Markets in Tradable Water Rights: Potential for Efficiency Gains in Developing Country Water Resource Allocation de Mark Rosegrant et Hans P. Binswanger. Repris de World Development, vol. 22, n11, 1994. Remittances, Inequality and Asset Accumulation: The Case of Rural Pakistan, de Richard H. Adams Jr.. Repris de Development Strategy, Employment and Migration: Country Experiences, rédacteurs-en-chef : David O'Connor et Leila Farsakh, O.C.D.E., 1996. Highest and Best Use? Access to Urban Land for Semi-Subsistence Food Production, de Daniel G. Maxwell. Repris de Land Use Policy, vol. 13, n3, 1996. Measuring Food Insecurity : The Frequency and Severity of "Coping Strategies", de Daniel G. Maxwell. Repris de Politique Alimentaire, vol. 21, n3, 1996. The Egyptian Food Policy System: Operation and Effects on Income Distribution, de Sonia M. Ali et Richard H. Adams Jr.. Repris de World Development, vol. 24, n 11, 1996. A Critique of the World Development Report 1994: Infrastructure for Development, de Raisuddin Ahmed. Repris de CNUCED : Questions monétaires et financières internationales des années 1990, vol. 7, New York et Genève, 1996. Male-Female Differences in Agricultural Productivity: Methodological Issues and Empirical Evidence, de Agnès R. Quisumbing. Repris de World Development, vol. 24, n10, 1996. IFPRI holds the copyright to its publications and web pages but encourages duplication of these materials for noncommercial purposes. Proper citation is required. |
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