IFPRI: Nouvelles de l'IFPRI,Volume 20,Numero 2,Juillet 1998
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IFPRI Report

Nouvelles de l'IFPRI

Volume 20, Numéro 2
Juillet 1998

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Perspectives De La Recherche:
Stratégies de développement des zones fragiles en Afrique subsaharienne

La dégradation des sols progresse à un rythme alarmant en Afrique subsaharienne, notamment la désertification des terres arides, l’érosion des sols et le déboisement des sols en pente et la déperdition de fertilité des sols dans de nombreuses zones cultivées. La dégradation des sols arides et en pente, fragiles, est particulièrement inquiétante car elle est souvent irréversible ou si elle peut être contrecarrée, c’est souvent à un prix élevé. Les forces naturelles, notamment le changement climatique, la sécheresse, les inondations et les évolutions géologiques, aggravent la dégradation des sols, mais il n’en reste pas moins que le facteur causal le plus important reste, en Afrique subsaharienne, les activités humaines. Selon la plupart des experts, l’élément principal se situe au coeur de la pauvreté, de la croissance démographique rapide et de l’insuffisance de la progression des rendements agricoles.

Etant donné l’asthénie de la croissance économique et l’aggravation des problèmes sociaux, la pression exercée sur les ressources naturelles, notamment dans les zones fragiles, semble condamnée à empirer. La migration vers les ville l’allégera quelque peu, mais en dépit de cela, les densités démographiques dans de nombreuses régions fragiles augmenteront sans doute au cours des quelques prochaines décennies. Alors que les pouvoirs publics et les organismes d’aide font face à la nécessité, toujours croissante, de cultiver des sols fragiles en Afrique, ils sont amenés, en raison des pressions exercées, à dégager un consensus sur des solutions viables.

Pour régler ces problèmes et élaborer des solutions pragmatiques aux fins d’exploitation de ces zones fragiles, une conférence internationale, intitulée “Stratégies d’atténuation de la pauvreté et de gestion durable des ressources des sols fragiles en Afrique subsaharienne”, s’est tenue du 25 au 29 mai à Entebbe (Ouganda), co-organisée par l’IFPRI, l’Organisation nationale de recherche agricole ougandaise (NARO), le Centre de développement alimentaire et agricole (ZEL) de la Fondation allemande pour le développement international (DSE) et la Commission européenne (CE).

Cette conférence a réuni près de 50 participants, venus de huit pays d’Afrique subsaharienne : Burkina Faso, Ethiopie, Kenya, Lesotho, Mali, Sénégal, Tanzanie et Ouganda, et des institutions et organismes internationaux de recherche en agriculture, gestion des ressources naturelles et développement décisionnel.

Elle avait pour but d’ensemble la formulation de stratégies pour une gestion durable des ressources et l’atténuation de la pauvreté dans les régions fragiles d’Afrique subsaharienne, et elle s’est axée sur les objectifs suivants : élaboration d’une préhension collective des questions et des difficultés de l’exploitation des sols fragiles en vue de renforcer la sécurité alimentaire et d’atténuer la pauvreté, identification des contraintes entravant la gestion couronnée de succès des sols fragiles, formulation de recommandations destinées à la conception de politiques idoines relatives aux sols fragiles de manière à remplir les besoins d’existence des habitants tout en assurant la conservation et la gestion durables de la base de ressources naturelles, et, identification des activités de suivi en vue de mettre en oeuvre les politiques et les stratégies convenues (pour la recherche, le renforcement des capacités et les investissements).

Selon les principales recommandations de la conférence, le préalable absolu de l’exploitation des zones fragiles reste la présence d’un environnement macro-économique stable assorti de taux de change et de politiques commerciales libéralisées. Toutefois, des mesures spécifiques relatives aux sols fragiles sont nécessaires pour les relier plus efficacement aux marchés et pour renforcer leurs capacités de concurrence. Ces mesures comprennent notamment (1) la réfection des réseaux routiers et de transport dans les régions fragiles, (2) la mise en place de contextes juridiques et réglementaires appropriés afin de renforcer les marchés des intrants et de la production, (3) la création de structures décisionnelles et juridiques pour affermir le régime foncier, débouchant sur une meilleure gestion des ressources naturelles et octroyant aux femmes le droit d’hériter des propriétés foncières, (4) le renforcement des capacités des institutions chargées de la gestion de l’environnement en matière de mise en valeur des sols dégradés, d’élaboration de plans d’utilisation des sols et de mise en oeuvre de mesures communautaires de conservation des sols, (5) la réforme des marchés financiers ruraux dans les zones fragiles afin d’encourager l’épargne et le recours à des formules non traditionnelles de caution, (6) l’évaluation des problèmes relatifs aux montages technologiques existants et à leur application par les agriculteurs, le renforcement des systèmes nationaux de recherche agricole et l’affirmation du pilotage de la recherche et de la vulgarisation par la demande, et (7) l’élaboration d’une infrastructure encourageant l’emploi hors-agriculture, un meilleur accès à la santé, à la nutrition et aux installations éducatives dans les régions fragiles.

L’étape suivante consiste à façonner les systèmes décisionnels nationaux afin d’incorporer les recommandations de la conférence dans un plan d’action national. L’on espère qu’une sensibilisation permettra aux principaux bailleurs de fonds de constater que l’exploitation des zones fragiles constitue un élément important de la promotion du développement rural en Afrique.


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