L'Etat devrait-il se retirer du secteur de la recherche et du développement ? Dans le monde entier, les institutions et les politiques de recherche agricole se trouvent à un carrefour décisif. A la suite de décennies de croissance soutenue, l'augmentation budgétaire réelle accordée à la recherche agricole connaît un ralentissement considérable, se soldant parfois, dans certains pays, par un véritable recul. Parallèlement, la proportion de l'investissement privé dans le secteur global de la recherche et du développement (R&D) agricoles s'amplifie. Dans les pays industrialisés, ces investissements constituent aujourd'hui près de la moitié du total des dépenses de la recherche agricole, bien qu'il s'agisse encore d'un pourcentage minime du budget total de ce secteur dans de nombreux pays en développement. Dans tous les pays, le rôle de l'Etat dans le secteur de la recherche et du développement agricoles subit de profonds changements, avec un repli dans certains domaines et une progression dans d'autres. Alors, quel devrait être le rôle de l'Etat en la matière ? Selon certains observateurs, il n'est pas acquis que les Etats doivent investir dans la recherche et le développement agricoles, et de fait, aux quatre coins du monde, la croissance des investissements publics dans ce secteur connaissent une chute en flèche. Dans les pays en développement, la progression des investissements publics dans la recherche agricole est passée de 6,4% par an, de 1971 à 1981, à 3,8% de 1981 à 1991. Dans les pays développés, ces chiffres sont passés de 2,7 à 1,7% par an, pour la même période. Cette régression pourrait toutefois être contre-productive, puisque les R&D sont largement rentables en termes d'amélioration sensible de la production alimentaire et des revenus. Selon de nombreuses études, le taux de rendement des investissements de la recherche agricole surpasse 20% par an. Les indices sont indubitables : les résultats de la recherche agricole sont, par comparaison, remarquables, et suffisamment élevés pour justifier les investissements à titre rétrospectif. Et tout indique que l'on puisse escompter que ces résultats de qualité se maintiennent. Les gains actuels tirés des pratiques scientifiques établies, conjuguées à de nouvelles conceptions biotechnologiques et informatiques indiquent la réelle possibilité d'accomplissements dans la recherche agricole, à l'échelle éventuellement de la révolution verte, avec d'abondants avantages pour les pays aussi bien pauvres que riches. Puisqu'il conviendrait que les Etats poursuivent leurs investissements dans la recherche agricole, où devraient-ils placer plus précisément ces investissements ? La réponse, en bref : en principe, il conviendrait que les Etats financent la recherche qui ne serait pas financée par des fonds privés, et présentant des perspectives concluantes de répercussions sociales positives. Il s'agit donc non seulement de la recherche de base, mais aussi de la recherche et du développement appliqués, dont les avantages sont difficiles à coopter, car ils percent - par exemple - dans différents domaines de l'agriculture. Il s'agira également de la recherche visant à atténuer les effets écologiques néfastes de l'agriculture. Ce qui ne signifie pas que la recherche privée n'est pas importante ou nécessaire. En l'absence de l'apport privé, l'investissement global dans la recherche agricole serait bien moindre, notamment dans les pays industrialisés. En outre, les sociétés privées s'axent davantage sur les éléments de l'agriculture commerciale, notamment les intrants chimiques et mécaniques, ainsi que sur la transformation alimentaire et autre recherche d'arrière récolte. Il est donc important que les investissements publics ne refoulent pas les investissements privés, mais plutôt que les organismes privés puissent procéder au type de recherche qu'elles assument le mieux. L'Etat possède également des fonctions dans la recherche agricole, au-delà des investissements. L'un de ces tâches, des plus importantes, consiste à établir les droits de propriété intellectuelle relatifs aux résultats de la recherche agricole. Tous les pays signataires de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) sont convenus de mettre en place lesdits droits d'ici 2005. Ces droits permettront d'attribuer davantage les avantages de la recherche, encourageant ainsi une participation privée plus poussée. Une autre fonction de l'Etat consiste à apporter des innovations institutionnelles, permettant de promouvoir les partenariats publics-privés, non seulement dans le cadre de la recherche agricole, mais aussi quant à son financement et à son administration. D'ores et déjà, les organismes publics et privés financent ensemble la recherche appliquée, les institutions publiques de recherche agricole sont en cours de privatisation et la concurrence s'introduit entre les chercheurs afin ide relever la productivité et d'appuyer la répartition des ressources de la recherche. Le rythme de la mouvance de la recherche agricole s'est sensiblement accéléré ces dernières années. La nature de ces changements a également subi l'influence des possibilités qu'offrent la biotechnologie, les échanges commerciaux accrus des biens et des services agricoles, et les changements de la politique publique ayant trait à l'agriculture, en général. En outre, les consommateurs ont eu une incidence sur la recherche agricole par le biais de leurs desiderata en matière de sécurité, de qualité et de commodité alimentaires. Le nouvel accent mis sur la pérennité environnementale de l'agriculture a également amplifié le programme de la recherche. A l'évidence, un certain recul du financement public de certains types de R&D agricoles pourrait s'imposerait sans doute, mais l'augmentation des investissements dans d'autres domaines pourrait être justifiée. Il s'avère réellement qu'il conviendrait que les Etats poursuivent leurs fonctions dans la recherche agricole, mais il conviendrait également qu'elles changent, ou doivent changer, dans une orientation reflétant l'évolution de réalités nouvelles et inconnues jusque-là des secteurs agricoles que ces fonctions appuient. Philip G. Pardey Philip G. Pardey est boursier de la recherche à la division Environnement et
Technologie de production de l'IFPRI
Perspectives de la recherche Projet MERRISA : un atelier pour examiner les réformes macro-économiques et l'intégration régionale en Afrique australe Depuis le début de l'année 1996, la division Commerce et Macro-économie de l'IFPRI, associée à des collaborateurs, tant nationaux qu'internationaux, oeuvre au projet triennal MERRISA (Macroeconomic Reforms and Regional Integration in Southern Africa - Réformes macro-économiques et intégration régionale en Afrique australe). Ce projet étudie les répercussions des ajustements de politique macro-économique sur la croissance économique et la pauvreté dans plusieurs pays à faible revenu, en Afrique australe (Malawi, Mozambique, Afrique du Sud, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe), ainsi que leurs conséquences pour l'intégration économique des pays de cette région. Le second atelier régional du projet MERRISA s'est tenu du 8 au 12 septembre, à Harare, au Zimbabwe, pour analyser les progrès et dresser des plans en vue de parachever l'étude du projet. Parmi les 27 participants de l'atelier, l'on comptait trois membres du comité consultatif du projet : Tobias Takavarasha du ministère des Sols et de l'Agriculture du Zimbabwe, Laston Msongole de la commission présidentielle du Plan de la Tanzanie et Antony Mwanaumo du ministère de l'Agriculture, des Denrées alimentaires et de la Pêche de la Zambie. Les participants de l'atelier ont débattu des principales caractéristiques du modèle élaboré pour chaque pays et reflétant ses réalités économiques et institutionnelles, notamment l'importance de l'agriculture et du secteur rural pour ces secteurs, le caractère principalement rural de la pauvreté et les rouages des marchés de la main-d'oeuvre des zones tant urbaines que rurales étant donné que la main-d'oeuvre représentent la seule formule génératrice de revenu, dans la plupart des ménages pauvres. Selon le constat des participants de l'atelier, avant que les réformes ne démarrent, la plupart des pays ont limité les importations, ce qui, en outre des mesures tarifaires, a donné lieu à un écart entre le prix intérieur et le prix à la frontière des marchandises importées. De leur avis également, les marges commerciales, d'ordinaire très élevées, fluctuent souvent avec les changements des dépenses publiques en matière d'infrastructure matérielle, notamment les transports et les communications. En outre, en relevant le contrôle public des prix à la production et à la consommation des produits de base (notamment le maïs) au préalable des tentatives récentes de déréglementation des marchés agricoles, les participants n'ont pas manqué de souligner la nécessité de tenir compte des fluctuations parallèles de la politique de commercialisation et de détermination des prix du maïs, afin de jauger les effets des ajustements macro-économiques. En ce qui concerne l'intégration économique au sein des pays d'Afrique australe, les
participants de l'atelier ont abordé quatre questions d'importance : (1) quelle est la
corrélation entre les réformes macro-économiques à l'échelon national et l'intégration
économique régionale ? (2) L'intégration économique annonce-t-elle ou nuit-elle aux
efforts régionaux d'intégration dans l'économie mondiale ? (3) Conviendrait-il de
considérer l'Afrique du Sud à titre de pôle de croissance, pays d'infrastructure physique
et financière suffisante pour extraire les autres pays de la région de leurs difficultés
économiques actuelles ? (4) Quelles sont, pour toute la région, les répercussions de
réformes commerciales agricoles poursuivies, à l'échelon national et international ?
Nouvel Ouvrage D'un Ancien Membre du Conseil Yujiro Hayami, ancien membre du conseil de l'IFPRI et professeur d'économie
internationale à l'économie Aoyama-Gakuin de Tokyo, est l'auteur d'un nouvel ouvrage
intitulé "Development Economics : From the Poverty to the Wealth of Nations"
(Economie du développement : de la pauvreté à la richesse des nations), publié par
Clarendon Press, Oxford. Pourquoi quelques pays autrefois pauvres ont-ils atteint
l'aisance, alors que la plupart des économies en développement s'enlisent dans la
pauvreté ? C'est là la question abordée par cet ouvrage.
Publications Récentes Perspectives de la sécurité alimentaire en Afrique australe Au cours de la dernière décennie, l'Afrique australe a traversé une vague de réformes économiques et politiques pouvant, potentiellement, y relever le niveau de vie et mener les pays de la région à l'économie mondiale, en qualité de participants intégraux. La question de savoir si les pays d'Afrique australe pourront traduire ces nouvelles possibilités en une sécurité alimentaire et un niveau de vie améliorés pour leurs citoyens reste assujettie aux mesures que prendront les décideurs maintenant. Un ouvrage spécialisé de l'IFPRI, "Achieving Food Security in Southern Africa : New Challenges, New Opportunities" (Atteindre la sécurité alimentaire en Afrique australe : de nouveaux défis, de nouvelles possibilités), rédacteur-en-chef Lawrence Haddad, réunit des spécialistes d'Afrique australe et d'ailleurs, pour étudier les domaines ayant trait à la politique alimentaire, victimes des carences d'information : reforme macro-économique et commerciale, agriculture des petites exploitations, gestion des ressources hydriques, programmes de sécurité et d'assurance sociales et infrastructure rurale. En Afrique australe, un habitant sur deux est touché par l'insécurité alimentaire et un enfant sur quatre d'âge pré-scolaire souffre de malnutrition. Etant donné la disparité des ressources et des degrés de développement des pays de la région, ainsi que l'abstraction et l'inexactitude des données disponibles, ces chiffres graves pourraient ne pas refléter l'ampleur du problème. Si les schémas récents de la production alimentaire perdurent, l'écart entre la production et les exigences alimentaires se creusera rapidement. L'ouvrage propose des changements dans cinq domaines : des mesures commerciales et économiques ne taxant ni l'agriculture, ni d'autres secteurs à forte intensité de main-d'oeuvre. Selon certains auteur, l'intensification des échanges commerciaux intra-régionaux, notamment puisque l'Afrique du Sud est aujourd'hui un partenaire commercial, pourrait être bénéfique pour tous les pays. des mesures foncières et agricoles permettant aux nombreux petits exploitants de la région d'être aussi productifs que faire se peut. Ce qui signifiera, en Afrique du Sud, une réforme foncière et d'autres mesures d'habilitation des agriculteurs Noirs. des mesures relatives aux ressources hydriques en vue d'une répartition idoine de l'eau. Les solutions de gestion de l'eau en Afrique australe, où elles sont rares, exigeront la participation de l'Etat, des groupements d'utilisateur et des marchés. Elles devront également inclure des accords internationaux destinés à la répartition des ressources des cours d'eau communs à plusieurs pays. des programmes de sécurité et d'assurance sociales, économiques, destinés aux pauvres. Il convient de s'efforcer de s'appuyer, sans refouler, les mesures sociales informelles. Dans certains cas, les Etats pourraient tirer enseignement des expériences d'organisations non gouvernementales, en matière de conception efficace de programmes sociaux. l'apport d'une infrastructure rurale, à un niveau permettant le développement
d'un secteur agricole solide et productif. L'infrastructure, tant durable (routes et
barrages) que sociale (services de transport et de commercialisation), est essentielle
pour la progression de la productivité des petits exploitants agricoles. (ISBN 0-89629-338-1, 334 p.).
Corrélation Entre L'agriculture, La Pauvreté et L'environnement Les pays du monde entier subissent d'immenses pressions afin de produire davantage de denrées alimentaires pour leurs populations toujours plus nombreuses, tout en assurant la conservation de leurs ressources naturelles et en faisant régresser la pauvreté. Mais ces objectifs sont souvent rivaux, contraignant les pays à choisir entre la sustentation aujourd'hui de leurs populations et la protection demain de leur environnement. Les pays doivent donc souvent choisir des solutions à courte échéance, exploiter les ressources naturelles pour nourrir leurs citoyens aujourd'hui, mettant ainsi à mal les réserves alimentaires des générations futures. Un nouvel ouvrage brosse le tableau de la recherche et d'aperçus approfondis de la manière dont les pays pourraient mieux réaliser l'équilibre entre l'agriculture, la pauvreté et l'environnement, tout en indiquant les mesures qu'il conviendrait de prendre pour s'assurer que les politiques dans ces domaines appuient ces trois buts, au lieu d'aller dans le sens de buts antagonistes. L'ouvrage, "Sustainability, Growth and Poverty Alleviation : A Policy and Agroecological Perspective" (Durabilité, croissance et atténuation de la pauvreté : une perspective politique et agroécologique), rédacteurs-en-chef Stephen A. Vosti et Thomas Reardon, est publié conjointement par l'IFPRI et les presses de l'université Johns Hopkins. Ce livre présente les éléments connus de la corrélation entre la croissance agricole, l'atténuation de la pauvreté et l'utilisation durable des ressource naturelles, et les facteurs ayant une incidence sur cette corrélation. Les chapitres analysent et démontrent cette corrélation grâce à des éléments d'études de cas tirés du monde en développement dans son ensemble, et de zones climatiques précises en Afrique, en Asie et en Amérique Latine. Selon l'ouvrage, la dégradation écologique et la pollution existent dans toutes les zones climatiques et toutes leurs régions, alors que la gravité relative de différentes formes de détérioration et de pollution, ainsi que les obstacles s'opposant à leur dénouement, divergent selon les zones. Par exemple, la pollution que produit l'utilisation excessive de produits chimiques existe d'ordinaire dans les zones plus humides, où l'intensification agricole a été la plus rapide, alors que les problèmes relatifs à une eau de qualité médiocre et à l'érosion des sols sont plus courants dans les zones plus arides et à flanc de colline. L'on peut juguler l'utilisation excessive de produits chimiques en instaurant des mesures ayant une incidence directe sur les incitations destinées aux agriculteurs. Les problèmes de pollution d'eau et de dégradation des sols doivent souvent être abordés à l'échelle du bassin versant, et exigent une action collective pour atteindre une solution opérante et de long terme. Les liens entre la pauvreté et l'environnement sont plus complexes que ne le décrit l'argument, standard, du cercle vicieux. Par exemple, si les pauvres sont pauvres parce qu'ils n'ont pas de terres arables, et que leur existence est donc tributaire des terres communes (sols d'accès ouvert tels que les forêts tropicales), en interdisent l'accès à ces dernières l'on atténuera les dégâts écologiques, mais l'on nuira aux pauvres. Toutefois, dans les cas de pollution agricole ou de sur-pâturage, l'atténuation de la pauvreté ne préviendra pas nécessairement la dégradation écologique et elle pourrait même l'amplifier. La raison en étant que les agriculteurs plus aisés emploient davantage de produits chimiques agricoles que les agriculteurs pauvres, et les riches propriétaires fonciers possèdent un plus grand pourcentage de leurs biens sous forme de bétail, d'où une pression visant à transformer des terres boisées et vallonnées en pâturages. Le degré de pauvreté détermine le degré de corrélation. Les revenus des ménages peuvent surpasser le seuil de pauvreté établi, c'est-à-dire qu'ils sont suffisants pour se nourrir et rester en bonne santé, mais ils n'en restent pas moins trop pauvres pour investir dans la protection ou la valorisation de leur base de ressources naturelles. Leur situation est meilleure que celle des "démunis sociaux", tout en restant des "démunis d'investissements". De nombreux facteurs influent sur le rapport existant entre l'environnement, la pauvreté et l'agriculture : politique publique, croissance démographique et changement climatique. L'ouvrage souligne l'importance primordiale des ménages et des communautés ruraux, protagonistes essentiels de ce rapport dynamique. Pour aider ces ménages et ces communautés à réussir, l'ouvrage préconise des technologies, de meilleure qualité et en plus grand nombre, permettant de remplir les objectifs de croissance agricole et d'écologie ("recouvrement technologique"), et des mesures encourageant et habilitant les agriculteurs à investir dans la protection de l'environnement. Sustainability, Growth and Poverty Alleviation : A Policy and Agroecological Perspective
(Durabilité, croissance et atténuation de la pauvreté : une perspective politique et
agroécologique), rédacteurs-en-chef Stephen A. Vosti et Thomas Reardon, en vente
aux Presses de l'université Johns Hopkins, 2715 North Charles Street, Baltimore
(Maryland) 21218-4319 (tél. : 1-800-537-5487 ou 1-410-516-6957). Prix de vente : 35
dollars (ISBN 0-8018-5607-8, 432 p.).
De Nouveaux Moyens Pour Situer Les Populations Touchées Par L'insécurité Alimentaire Pour pouvoir cibler l'aide alimentaire destinée aux plus démunis d'une communauté, les planificateurs souhaitent des renseignements concernant les indicateurs sur les revenus des ménages ou leur ration alimentaire. Toutefois, le recueil des données de ces indicateurs de référence reste trop pesant et onéreux pour cibler l'aide alimentaire. Une nouvelle étude de l'IFPRI analyse deux méthodes d'identification des indicateurs de substitution pour situer les victimes de l'insécurité alimentaire, vérifier que les indicateurs en résultant seraient plus simples et plus économiques dans certaines situations. "Identifying the Food Insecure : The Application of Mixed-Method Approaches in India" (Identification les populations touchées par l'insécurité alimentaire : application de démarches mixtes en Inde) de Kimberly Chug, Lawrence Haddad, Jayashree Ramakrishna et Frank Riely, a recours aux données recueillies dans quatre villages du sud-centre de l'Inde, pour offrir deux méthodes, qualitative et quantitative, d'identification des indicateurs. La méthode qualitative a eu recours à plusieurs exercices de groupe pour recueillir les notions des villageois quant à l'insécurité alimentaire. En outre, les ethnographes, situés dans deux villages, ont réalisé des entretiens et des observations pour mieux connaître la manière dont les villageois décrivent les notions de faim et d'insécurité alimentaire. Les auteurs ont employé diverses démarches qualitatives pour produire une liste d'indicateurs, définis localement, relatifs à l'insécurité alimentaire, notamment le dénuement ou la médiocrité fonciers, et les ventes à tout prix du bétail. Les auteurs ont également tenu compte d'une méthode quantitative, appuyée sur des enquêtes économiques et de nutrition, afin de recueillir des données sur un certain nombre d'indicateurs, auprès de 325 ménages. Les méthodes statistiques ont servi à vérifier l'étroitesse de la corrélation entre chaque indicateur de substitution par rapport à l'une des six mesures de référence concernant la sécurité alimentaire. Les indicateurs de substitution éprouvés comprenaient notamment la fréquence de la consommation de sorgho et le nombre élevé d'aliments obtenus en une semaine. Les indicateurs couronnés de succès dans l'analyse quantitative ont alors été mis à l'essai au cours de simulations de programmes d'aide alimentaire pour vérifier que leur utilisation, en vue de cibler l'aide, serait moins onéreuse que le recours aux indicateurs de référence. Il semblerait, au vu des résultats, qu'une conjugaison modique mais réelle entre un indicateur de ciblage et un indicateur de référence pourrait entraîner des économies, parfois sensibles, des coûts des programmes, selon les paramètres de ces derniers. Mais, précisent les auteurs, les coûts des programmes ne constituent pas le seul problème de coût. Le coût de recueil des données, les coûts sociaux et financiers d'erreurs de ciblage devront également être soigneusement étudiés, car leur comptabilisation intégrale pourrait rendre un indicateur de substitution moins rentable qu'un indicateur de référence. Alors quelle méthode, qualitative ou quantitative, est-elle plus appropriée pour choisir
un indicateur de substitution ? Selon les auteurs, cela dépend de l'axe et des
ressources de l'organisation concernée. La méthode qualitative exige moins de temps
d'analyse et reste plus efficace en présence d'une bonne préhension du contexte local.
La méthode quantitative, en revanche, exige des bases de données d'ampleur et des
collaborateurs dotés de compétences statistiques ( ISBN 0-89629-336-X, 70 p.).
Expansion De L'emploi Rural non Agricole Dans la plupart des pays en développement, la rythme de croissance de la main-d'oeuvre surpasse rapidement celui des possibilités d'emploi dans l'agriculture. Avec l'étrécissement de nouveaux sols permettant l'expansion de la production agricole, les travailleurs doivent trouver des emplois dans le secteur rural, hors-agriculture (petites industries, commerce, bâtiment, transports ou services), ou encore migrer ou émigrer à la recherche d'emplois. A moins d'une expansion du secteur non agricole afin d'absorber ces travailleurs, ces pays sont confrontés à un aggravation de la pauvreté et de la pollution environnementale, alors que les méga-villes s'agrandissent toujours davantage, envahissant les campagnes. Dans son ouvrage, "The Nonfarm Sector and Rural Development : Review of Issues and Evidence" (Le Secteur hors-agriculture et le développement rural : analyse des problèmes et des éléments d'appréciation), n 22 Vision 2020, Nurul Islam offre aux décideurs des informations sur le secteur rural non agricole, afin de leur permettre d'élaborer des politiques visant à aborder le problèmes auxquels se trouve confronté ce secteur. L'accessibilité d'une main-d'oeuvre rurale abondante constitue la principale raison de la croissance du secteur hors-agriculture. La part de ce dernier dans l'économie rurale, y compris les petites agglomérations et les villages, varie selon les pays, mais reste dans les 20 à 50% de la main-d'oeuvre. En outre de l'emploi à temps plein, il constitue la source de revenus complémentaires des ménages agricoles. Les industries et le commerce ruraux apportent un lien non seulement avec l'agriculture, mais aussi avec le secteur urbain. Par exemple, les industries rurales produisent des outils, des intrants et des biens de consommation destinés aux familles agricoles, mais elles possèdent souvent également de solides liens avec les industries urbaines. Elles produisent éventuellement des pièces destinées aux produits d'usines urbaines importantes, ou inversement, elles assurent le montage ou la finition de produits à partir de pièces fabriquées dans des usines urbaines. Les travailleurs agricoles recherchent des emplois hors-agriculture pendant les périodes tout autant fastes qu'improductives dans l'agriculture. Lorsque les revenus agricoles augmentent, la demande de biens et de services de consommation suit, attirant les travailleurs dans le secteur non agricole. Lorsque l'agriculture stagne, l'emploi dans ce secteur offre une porte de sortie. Ces travailleurs sont poussés dans le secteur non agricole, au lieu d'être entraînés par des activités non agricoles dynamiques. Selon Nurul Islam, il conviendrait que l'objectif de la politique publique soit de promouvoir le secteur rural non agricole, non pas d'être le dernier recours de l'emploi à faible productivité pour les chômeurs ruraux ou les démunis fonciers, mais à titre de secteur lucratif lié dynamiquement à un secteur agricole productif. Des politiques économiques générales et sectorielles sont nécessaires à la croissance des entreprises rurales non agricoles. Il conviendrait qu'elles visent à éliminer les obstacles entravant les échanges commerciaux et autres désincitations, et ce par la simplification ou la réduction des réglementations intérieures, et concernant les importations et les exportations. Il conviendrait qu'elles appuient l'accès au crédit, aux marchés, ainsi qu'aux activités de recherche et de développement. Pour conclure, selon Nurul Islam, l'assistance technique en marketing, gestion et comptabilité est la plus utile lorsqu'elle est calquée sur les besoins d'une grappe d'entreprises produisant des biens et des services analogues. Lesdites grappes, souvent situées dans de petites villes, offrent également des possibilités d'économies d'échelle dans l'achat de fournitures. L'importance des fonctions du secteur non agricole (accélération de la croissance
rurale, diversification des revenus et de l'emploi, atténuation de la pauvreté,
décentralisation industrielle et allégement de la congestion et de la pollution urbaines),
indique qu'il conviendrait, dans les prochaines années, de suivre de près le
développement du secteur rural non agricole.
Réimpressions Is Prevalence of Diarrhea a Better Predictor of Subsequent Mortality and Weight Gain Than Diarrhea Incidence? de Saul S. Morris, Simon N. Cousens, Betty R. Kirkwood, Paul Arthur et David A. Ross. Réimpression tirée de l'American Journal of Epidemiologie, vol. 144, n 6, 1996. Developing Decentralized Capacity for Development Policy Analysis : Lessons for Agricultural Development from Food Security and Nutrition Monitoring in Malawi, de Suresh C. Babu, D. H. Ng'Ong'Ola et B. B. Mthindi. Réimpression tirée d'African Development Review, vol. 8, n 1, 1996. La Vision Global del Proyecto 2020 y Sus Implicaciones de Politica Para la Subregion, de per Pinstrup-Andersen. Réimpression tirée de Politica Agricola: La Busqueda de la Competitividad Sostenibilidad y Equidad, Institut interaméricain de coopéeration agricole, Bogota (Colombie), 1996. The Uruguay Round and International Trade in Agricultural Products : Implications for Arab Countries, de Ian Goldin et Mylène Kherallah. Réimpression tirée de The Uruguay Round and the Arab Countries, rédacteur-en-chef Saïd El-Nagger, Fonds monétaire international, Washington (D.C.), 1996. The Human Capital Dimension of Collaboration among Government, NGOs and Farm Famillies : Comparative Advantage, Complications and Observations from an Indian Case de R. G. Alsop, R. Khandelwal, E. H. Gilbert et J. Farrington. Réimpression tirée d'Agriculture and Human Values, vol. 13, n 2, 1996. Priority-Setting in Food and Agricultural Policy Research: A Case Study and Lessons from Malawi, de Suresh Chandra Babu et Stanley Khaila. Réimpression tirée du Quarterly Journal of International Agriculture, vol. 35, n 2, 1996. Institutions and Market Distorsions: International Evidence for Tobacco, de John C. Beghin, William E. Foster et Mylène Kherallah. Réimpression tirée du Journal of Agricultural Economics, vol. 47, n 3, 1996. IFPRI holds the copyright to its publications and web pages but encourages duplication of these materials for noncommercial purposes. Proper citation is required. |
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