Egalité des sexes et investissements dans les adolescents dans les zones rurales des Philippines

Les adolescents qui, selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé, sont les personnes âgées de 10 à 19 ans, constituent jusqu’à 20 pour cent de la population du globe. Quatre-vingt cinq pour cent des adolescents du monde résident dans les pays en voie de développement, et ce chiffre déjà remarquable est en train de s’élever. La population adolescente des Philippines, qui, en 1970, représentait le quart de la population du pays est passée de 9,3 millions en 1970 à 13,9 millions en 1990 et on prévoit qu’en l’an 2010 elle aura atteint le chiffre de 18,3 millions et constituera le cinquième de la population totale de ce pays.

Bien que les adolescents représentent un segment aussi important de la population et qu’une grande partie des ressources des ménages leur soit donc consacrée, ils ont été relativement négligés dans la littérature économique qui traite de l’allocation des ressources dans les ménages. Dans le rapport de recherche NE108, Egalité des sexes et investissements dans les adolescents dans les zones rurales des Philippines, Howarth E. Bouis, Marilou Palabrica-Costello, Orville Solon, Daniel Westbrook et Azucena B. Limbo combinent l’étude ethnographique et l’analyse de régression pour examiner les facteurs qui déterminent la façon dont les ménages ruraux pauvres répartissent leurs ressources pour l’éducation, la nutrition et la santé entre les adolescents et adolescentes et les autres membres du ménage.

Lorsqu’on investit dans l’éducation, la nutrition et la santé des enfants, non seulement on améliore la qualité de leur vie, mais encore leur productivité augmente lorsqu’ils sont à l’école et lorsqu’ils participent à la main d’oeuvre, ce qui profite à la société en général et même aux générations futures. Mais dans les ménages à bas revenu, les parents ne peuvent investir autant qu’ils le voudraient dans le bien-être de leurs enfants, et les circonstances économiques font qu’ils dépendent souvent et de façon substantielle de la contribution des adolescents au bien-être de la famille et les font travailler dans les champs cultivés par la famille et aux corvées journalières du ménage. Leur travail peut produire un supplément de revenu ou donner du temps libre à un adulte qui peut alors gagner un revenu plus important, mais le travail accompli par un adolescent pour le bien-être de la famille occupe une partie de son temps et limite ses possibilités d’acquérir une meilleure éducation.

Author: 
Bouis, Howarth E.
Palabrica-Costello, Marilou
Solon, Orville
Limbo, Azucena B.
Published date: 
1998
Publisher: 
International Food Policy Research Institute (IFPRI)
Series number: 
108
PDF file: 
application/pdf iconab108fr.pdf(34.6KB)