Les marchés phréatiques au Pakistan

participation et productivité

Au Pakistan, où l’agriculture est fortement tributaire de l’irrigation, les marchés hydriques informels constituent un moyen d’importance croissante donnant accès aux nappes phréatiques aux petits agriculteurs et aux cultivateurs à bail*. Le réseau public des canaux d’irrigation fournit de l’eau aux agriculteurs propriétaires de terres dans des zones précises, mais ne fournit pas à tous les agriculteurs le volume hydrique qui leur est nécessaire. Ainsi, les agriculteurs plus aisés installent des puits abyssiniens* à titre de source exclusive, ou complémentaire, d’irrigation (figure 1). En dépit de la multiplication des puits abyssiniens privés, leur propriété se restreint à un pourcentage relativement faible d’agriculteurs. Certains propriétaires de puits revendent également des réserves d’eau souterraine à des agriculteurs des environs. Les marchés localisés et informels ainsi constitués représentent une importante source d’irrigation pour de nombreux agriculteurs.

Bien que la vente d’eau de puits privés soit une pratique de longue date en Asie du Sud, ce n’est que récemment que ces schémas informels ont été mis à l’étude. Alors que l’eau se raréfie ou que sa qualité se détériore, d’autres informations seront nécessaire pour appuyer le Pakistan et d’autres pays de l’Asie du Sud à décider de réformes destinées à égaliser l’accès aux ressources hydriques phréatiques. “Les Marchés phréatiques au Pakistan : participation et productivité”, rapport de recherche n105 de Ruth Meinzen-Dick, étudie les mécanismes des marchés de l’eau, ses participants, la nature des transactions et les effets des marchés sur la productivité et les revenus agricoles, afin de déterminer ce qui favorise ou qui entrave la création de marchés hydriques viables. Le rapport passe en revue les annales relatives aux marchés phréatiques, les éléments empiriques de performance et les options décisionnelles possibles.

L’étude procède à l’examen des schémas de développement du marché des puits abyssiniens privés en s’appuyant sur des données départementales relevées dans tout le pays. Elle détaille ensuite la performance des marchés phréatiques à partir des données des ménages agricoles, rassemblées lors d’une enquête de l’IFPRI, réalisée en 1990-92.

Les puits abyssiniens existent partout au Pakistan, mais ils sont plus courants au Pendjab et dans la province de la frontière nord-ouest. Selon le rapport, les grandes exploitations agricoles, de plus de 25 acres*, sont plus à même de posséder des puits abyssiniens. Les cultivateurs à bail, les petites exploitations (de moins de 10 acres) ou les jeunes ménages sont plus à même d’acheter de l’eau souterraine (figure 2). Lorsque l’eau souterraine est abondante et de bonne qualité, davantage d’agriculteurs possèdent des puits abyssiniens, mais dans de nombreuses régions du Pakistan le niveau des nappes phréatiques et la qualité de l’eau baissent, et dans ces régions les marchés hydriques sont particulièrement importants. La vente d’eau souterraine est plus courante dans les régions d’irrigation par canaux, notamment parce que les canaux permettent de recharger les réserves d’eau souterraine, relevant l’approvisionnement en eau. Les propriétaires de puits abyssiniens possédant des exploitations de taille moyenne, de 10 à 25 acres, sont plus à même de vendre de l’eau que les propriétaires de grandes exploitations, plus grosses consommatrices d’eau.

Author: 
Meinzen-Dick, Ruth Suseela.
Published date: 
1997
Publisher: 
International Food Policy Research Institute (IFPRI)
Series number: 
105
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