Madagascar

Le point sur la recherche agricole du secteur public

Au cours des dernières décennies, la R&D agricole malgache est demeurée largement tributaire de l’aide de divers bailleurs de fonds, y compris la suite de projets financés grâce à des prêts de la Banque mondiale et l’assistance technique de la France par le truchement du nombre relativement important de chercheurs affectés à l’implantation du CIRAD à Madagascar. Vers la fin des années 1990, l’achèvement du PNRA et la baisse des subventions d’État provoquèrent une chute soudaine des dépenses nationales globales en R&D agricole – mais cette situation s’est quelque peu redressée grâce à l’intensification de la coopération technique du CIRAD. En 2008, les investissements dans la R&D agricole de Madagascar se montaient à 7,7 milliards d’ariary, soit 11,9 millions de dollars PPA (prix constants de 2005), ce qui revient à 0,25 % du PIBA. Il ne faut cependant pas perdre de vue que si l’on n’avait pas inclus les frais salariaux des 14 chercheurs du CIRAD, les résultats finaux aurait été moins élevés – la différence étant de 25 %.

Alors que les effectifs de la R&D agricole sont restés relativement stables, avoisinant 210 ÉTP au cours des dernières années, l’analyse de la composition institutionnelle des personnels de R&D agricole révèle pourtant d’importants changements. Ainsi le FOFIFA a perdu près de 20 % de son effectif de recherche local pendant la période 2000–2008 et, même si le centre a pu consacrer d’importantes sommes à la formation de ses ressources humaines, tant dans les années 1990 (en utilisant des fonds octroyés par le PNRA) que dans les années 2000 (grâce à des contributions de donateurs bilatéraux), il enregistre néanmoins, pour ces dernières années, une diminution sensible du nombre des chercheurs les plus hautement qualifiés (de niveaux PhD et MSc). Comme de nombreux autres chercheurs vont également atteindre l’âge de la retraite dans les années à venir, le recrutement et la formation de jeunes scientifiques occupent un rang de premier ordre dans la définition des priorités du FOFIFA pour le court et moyen termes.

Le lancement de plusieurs initiatives politiques de grande envergure en vue de réaliser des réformes agricoles et rurales nationales soulignant l’importance de la R&D, n’a pas abouti à une augmentation du soutien financier, ni de l’État ni des bailleurs de fonds. Or sans une importante injection de fonds, Madagascar risque fort de voir s’éroder rapidement un grande partie des résultats réalisés ces 15 dernières années en matière de renforcement de la capacité et des infrastructures de la R&D agricole.

Author: 
Stads, Gert-Jan
Randriamanamisa, Rivonjaka
Published date: 
2010
Publisher: 
International Food Policy Research Institute (IFPRI); et National Center of Applied Research and Rural Development (FOFIFA)
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