Vieillissement et rotation des personnels de R&D agricole en Afrique

ASTI/IFPRI-FARA Communiqué de conférence 17

Les cinq études de cas qui sous-tendent ce rapport ont fait ressortir un grand nombre de problèmes liés aux ressources humaines que les INRA se doivent d’aborder. Nous émettons les recommandations générales suivantes dans l’espoir de pouvoir leur faciliter la tâche.

• Il faudrait reculer l’âge du départ à la retraite en le fixant à 65 ans pour tous les pays, même en admettant que cette action ne résout que temporairement le problème de la succession des chercheurs ; des plans de formation et de succession devront guider la mise en oeuvre de stratégies visant des solutions à long terme. Il faudrait lever, même si ce n’est que partiellement, tout gel de recrutement qui est encore en vigueur.

• Il faut améliorer le plan de carrière des chercheurs ; cette mesure est d’autant plus importante s’il s’agit de réduire la perte d’employés ayant entre 11 et 15 ans de service pour éviter qu’un vide se creuse entre les jeunes chercheurs nouvellement recrutés et les chercheurs qui s’approchent de l’âge de la retraite.

• Les gouvernements doivent être sensibilisés à l’importance d’offrir des régimes de rémunération compétitifs en vue d’endiguer la perte d’encore plus de chercheurs ; les niveaux de salaires doivent au moins être à égalité avec ceux qu’offre le secteur universitaire et il convient de les ajuster en se basant sur les taux d’inflation du pays.

• Les conditions de travail doivent être améliorées en termes de perfectionnement de l’infrastructure, de budgets de fonctionnement et de culture organisationnelle.
• Il importe d’instituer des procédures d’évaluation des performances dont découle un système de gratification efficace ; le système du KARI pourrait servir de modèle à d’autres pays.

• La formation de jeunes chercheurs doit être accélérée par l’introduction de plans de formation, y compris d’un système de mentorat permettant de faire encadrer les jeunes par des chercheurs plus âgés et plus expérimentés, parfois même par des retraités. Là encore, le système de formation du KARI pourrait servir d’exemple à d’autres pays ; le système de mentorat de l’ARC – qui prévoit le rengagement de chercheurs retraités – est exemplaire, lui aussi.

• On peut envisager d’élargir l’application de l’analyse menée dans le cadre des cinq études de cas à d’autres pays de l’Afrique subsaharienne et de s’en servir dans l’élaboration d’un document de principe sur les stratégies à déployer pour rationalisation les capacités en matière de ressources humaines.

Author: 
Louis Sène, Frikkie Liebenberg, Mick Mwala, Festus Murithi, Séraphine S. Kaboré et Nienke Beintema
Published date: 
2011
Publisher: 
Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI); et Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA)
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